usine de Bioplastiques au milieu d'un champ
Croissance verte

Les Bioplastiques : un nouveau débouché économique et écologique

30 juillet 2015

Selon un sondage BVA datant de février 2010, 91% des français interrogés (sur un panel de 1065 individus) considèrent que le bioplastique est un produit d’avenir. Tereos pense de même. Le 17 juin 2015, le groupe agro-industriel annonce son partenariat avec Avantium dans la production de ce nouveau matériau. De nombreux industriels de différents secteurs demeurent séduits par cette technologie. Dans l’agroalimentaire, Danone, Coca Cola, Tetrapack sont intéressés pour la production d’emballages biosourcés. L’industrie automobile commence à employer cette technologie dans sa production. Le groupe Mazda, a développé ses bioplastiques pour les inclure dans son dernier modèle la MX-5. En 2009, Toyota informe qu’il souhaite réaliser la coque d’une de ses voitures en utilisant des bioplastiques à base d’algue.

La communauté internationale a pris conscience de l’impact de l’homme sur son environnement. De nombreuses innovations vont dans ce sens comme les panneaux solaires, l’énergie éolien ou le biocarburant. Cependant elles n’ont pas réussi à s’implanter avec force dans l’espace industriel. Serait-il le même avenir pour les bioplastiques comme en témoigne le peu de raffineries dédiées à ce domaine d’activité. Pour quelles raisons un marché si prometteur n’est-il pas plus développé ? L’eldorado du bioplastique est-il une réalité ou une chimère ?

Des matières premières végétales composent la base de la production des bioplastiques

Les bioplastiques sont constitués de biopolymères issus des agro ressources. Ceux de première génération ont souvent été décriés car leurs sources de  matières premières proviennent de cultures vivrières. Pour parer à cette contrainte, des industriels exploitent des ressources végétales non alimentaires comme le chardon, les algues marines ou le chanvre revalorisant les territoires. En Sardaigne (Italie), les entreprises EN-Versalis et Novamont ont construit une bio raffinerie exploitant le chardon, culture endémique de l’île, dans la fabrication de bioplastique.  Seules les graines sont exploitées, les restes sont vendus aux agriculteurs, à des prix inférieurs aux références qu’ils importent. Pour atteindre la pleine capacité de l’usine, 20 000ha seront nécessaires. La société Algopack utilise les algues de Saint Malo dans la conception de  plastique. Elle est en charge de retraiter les algues des plages de la Martinique devenues envahissantes. La coopérative Interval située en Franche Comté et l’équipementier automobile Faurecia ont fondé une co entreprise dans laquelle ils produisent des matériaux à base de fibres de chanvre.

Une autre alternative a été élaborée par les chercheurs. Ils développent une seconde génération de matériaux issus de déchets organiques provenant de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la foresterie.

Une étude réalisée par le cabinet Alcimed pour l’ADEME (2011), présente des industries impliquées dans différentes voies de production des bioplastiques, toutes fondées sur une base végétale. Les entreprises présentées sont des maillons de la chaîne de production des bioplastiques, utilisant les produits des sociétés en amont comme substrats, pour synthétiser une fraction des matières premières des entreprises en aval. En fonction de la nature des bioplastiques, leurs applications diffèrent. La gestion de fin de vie de ces produits est à prendre en compte. Tous ne sont pas biodégrables. Des filières de collecte doivent être mises en place pour gérer leur retraitement par le compostage, l’incinération, l’enfouissement …

Débouchés2

 Source : Etude réalisée par Alcimed pour l’ADEME, 2011

Il reste de nombreux axes de développement des bioplastiques pour améliorer les performances techniques de ces matériaux. Les Bioplastiques s’immiscent sur un marché jusqu’alors réservé aux plastiques d’origine pétrochimique dont leurs propriétés techniques sont bien maîtrisées et sont caractérisées par leur polyvalence dans les domaines d’application. Pour quelles raisons les industriels s’intéresseraient à cette innovation alors que les plastiques pétrochimiques sont déjà inclus dans de nombreux processus de production ? Quelles sont les qualités des bioplastiques ?

Les attributs des bioplastiques lui assurent un avenir certain

Les propriétés de ces matériaux sont très proches de celles d’un plastique d’origine pétrolière. D’ailleurs ils sont applicables à de nombreux domaines comme l’agriculture, les emballages, la cosmétique, l’électronique, l’automobile…L’association european-bioplastic.org a publié sur son site la répartition de la production en fonction de ses débouchés.

répartition des débouchés

Le packaging dont les constituants sont des bioplastiques, est utilisé par les distributeurs pour promouvoir les produits en jouant sur la sensibilité écologique du consommateur. De plus, ils permettent d’améliorer la durée de vie des produits frais. En agriculture, les propriétés biodégradables de certains bioplastiques sont très utiles pour des processus de paillage. Une pléthore d’exemples d’applications alimente l’argumentation selon laquelle l’utilisation de cette matière dépasse la simple substitution aux plastiques pétrochimiques.

Les sources de la production des bioplastiques sont d’origine végétale. Ils diminuent la dépendance au pétrole étranger qui se raréfie. Ils participent à la réduction des émissions de CO2 supplémentaires. Le public sensible à l’environnement supporte les innovations aux vertus écologiques.

Les bioplastiques possèdent des caractéristiques indéniables qui les inscrits dans une révolution industrielle verte. Pour quelles raisons une telle technologie n’a pas été déployée plus rapidement ? N’y a-t-il pas des limites à cette innovation ?

La substitution totale des plastiques pétrochimiques par les bioplastiques n’est qu’une question de temps

Les caractéristiques des bioplastiques actuelles telles que leur résistance à la chaleur et à l’humidité (PLA & PHA) diffèrent suffisamment des plastiques d’origine pétrochimique pour ne pas être entièrement substituables à ces derniers. La recherche pourra surement y remédier. De plus, les prix des bioplastiques seraient 2 à 6 fois plus élevés que ceux issus de la pétrochimie. La R&D et le prix des matières premières contribueraient à cet écart.  Néanmoins, l’expansion de ce marché, la dépendance du pétrole et la sensibilisation des gouvernements à l’écologie exprimée par des taxes comme l’éventuelle taxe carbone devraient lever ce dernier inconvénient.

Malgré les quelques problématiques demeurantes, les bioplastiques disposent de plusieurs avantages semblant leur offrir un avenir prometteur. Quel est le marché actuel et futur de ce matériau ?

Le marché du bioplastique est en plein boom, l’Europe prend du retard

Bien qu’il reste des progrès dans cette technologie et que certaines voix remettent en question une partie de ses bienfaits environnementaux, de nombreuses sociétés veulent devenir des acteurs dans ce marché grandissant. Sa progression serait multipliée par 4 à l’horizon 2018. Selon l’association européenne du bioplastique, la production mondiale de 2014 était de 1 670kT et atteindrait 6 731kT en 2018.

marché bioplastique

Le volume global des bioplastiques augmente en absolu. Les estimations du marché ne sont pas unanimes. Selon les Echos et Agromedia, le potentiel actuel du marché serait de 91 milliards.  Néanmoins, la part des bioplastiques biodégradables tend à diminuer entre 2014 et 2018 au profit des autres bioplastiques. Même s’ils ne sont pas biodégradables, leur incinération libérait du CO2 qui aurait été absorbé par la plante durant sa croissance. De ce fait le bilan carbone serait nul.

Des exemples d’investissements nous indiquent qu’ils ne constituent pas une barrière à l’entrée de ce marché. Au Canada, les entreprises Domtar et FPinnovations ont investi 34.2 millions de dollars en 2010, dans une usine produisant 1 tonne de nanocellulose par jour dont un des débouchés est le bioplastique. Le 4 novembre 2014, Corbion Purac engage 60 millions d’euros dans une usine de synthèse de 75 000 tonnes/an de PLA. En 2012 Roquette dépense 50 millions d’euros pour passer d’un site pilote à un site industriel fabricant 25 000 tonnes de bioplastiques par an. Ces données ne caractérisent pas l’ensemble du secteur considérant que les investissements dépendent de la technologie utilisée, de la ressource consommée et du produit final désiré. Selon cet aperçu nous pouvons en conclure que les financements ne sont pas la seule limite à l’entrée des entreprises sur ce marché. Les débouchés trop fragiles actuellement peuvent constituer des réticences à s’aventurer dans ce domaine d’activité. En février 2014, le président de Cereplast, Frederic Scheer, a mis sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, son entreprise mais n’a pas pu empêcher  d’éviter sa banqueroute en juin 2014 et son rachat par Trellis Earth. Il explique que les difficultés de son entreprise proviennent d’un « manque de dynamisme de la demande des bioplastiques aux Etats-Unis, les retards répétitifs dans la mise en œuvre de la réglementation bioplastique en Europe, notamment en Italie, combiné avec les problèmes juridiques avec plusieurs de [ses] créanciers ».

Quelle politique adopte chaque région du monde pour développer le marché du bioplastique ?

D’après l’association european-bioplastics.org, en 2013, 51,4% de la production se faisait en Asie. En 2018, l’association estime à 75% la part de l’Asie dans la production mondiale. D’ailleurs, de nouveaux projets s’implantent en Thaïlande, Chine et Inde.

marché bioplastique 2

L’Asie et les Etats-Unis investissent sur des politiques de développement du marché des produits biosourcés. L’Europe quant à elle est ne produit que 17.3% par rapport au marché global alors qu’elle est à la pointe du développement de la R&D. Bruxelles devrait œuvrer à dynamiser la production de cette technologie sur son territoire. Le 16 février 2015, Roquette annonce l’arrêt dans le développement et la production du bioplastique. L’entreprise estime que les législateurs européens ne mettent pas en place des mesures incitatives à la production des bioplastiques au vue de remplacer les plastiques d’origine pétrolière. De plus, la chute du cours du pétrole est un frein à la compétitivité de ce marché.

Dans une Europe axée sur le développement durable où son industrie est souvent mise à mal, ce nouveau débouché technologique permettrait de relancer l’économie tout en ayant un comportement plus responsable vis-à-vis de notre écosystème.

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir nos dernières actualités*

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé de gestion des Clients et Prospects (CRM).

Le Responsable de traitement est la société weave, 37 rue du rocher 75008 Paris RCS Paris 802 396 085.

Elles sont destinées à l’activité marketing du groupe weave ainsi quà celle de ses filiales, à l’exclusion de tout transfert hors de l’UE. Elles sont conservées pour une durée conforme aux dispositions légales (par exemple 3 ans pour les données prospects).

Ce traitement nécessite votre consentement que vous pourrez retirer à tout moment sans que cela ne remette en cause sa licéité.

Conformément à la loi « Informatique et Libertés » et au règlement européen n°2016/679, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification ou d’effacement, ainsi que d’un droit à la portabilité de vos données ou de limitation du traitement. Vous pouvez également pour des raisons tenant à votre situation particulière, vous opposer au traitement de vos données et donner des directives relatives à la conservation, à l’effacement et à la communication de vos données après votre décès. Vous disposez également du droit d’introduire une réclamation auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (www.cnil.fr).

Vous pouvez exercer vos droits en nous contactant à l’adresse vosdonnees@weave.eu.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour mesurer notre audience, vous proposer des contenus et des offres personnalisées, ainsi que des fonctionnalités de partage sur les réseaux sociaux. En savoir plus sur notre politique de cookies et notre charte des données personnelles