Data driven

Ressources Humaines : blockchain-ez vous !

18 décembre 2017

Si la Direction des Ressources Humaines joue aujourd’hui un rôle de premier plan dans l’accompagnement en interne de la transformation digitale de l’entreprise, elle est encore loin d’avoir achevé sa propre évolution numérique. Pourtant, alors qu’elle cherche encore à absorber les secousses provoquées par l’irruption du digital dans ses outils et ses modes de fonctionnement internes :

La fonction RH doit d’ores-et-déjà se préparer à la nouvelle révolution qui se profile à l’horizon : la blockchain.

Blockchain, le mot est sur toutes les lèvres. Développée originellement pour porter la cryptschéma de la gestion de transaction par la blockchainomonnaie « bitcoin », la blockchain se définit comme une technologie de stockage et de transmission de données, reposant sur trois piliers clés : transparence, sécurité et désintermédiation. Elle permet de s’affranchir des tiers de confiance tels qu’ils existent actuellement (par exemple : l’échange de cryptomonnaie évite les circuits de paiement bancaires).

Le potentiel disruptif de cette technologie est incontestable. Elle s’étend ainsi progressivement à d’autres secteurs, tant les promesses qu’elle porte – transparence, sécurité et fiabilité des données, réduction des délais des transactions, affranchissement des organes de contrôle, coût bas – sont alléchantes.

Les différents usages de la blockchain sont aujourd’hui à l’étude dans de nombreux domaines, tels que l’agroalimentaire (traçabilité des produits), l’exercice démocratique (vote en ligne) ou encore l’assurance (assurance de pair à pair).

La blockchain pourrait également, à court terme, transformer profondément et durablement le domaine des ressources humaines et du management. Recrutement, rémunération, nouveaux modes de management… Les potentielles applications sont vastes. L’émergence récente de nombreuses startups s’appuyant sur cette technologie est révélatrice d’une tendance destinée à se renforcer dans les années à venir. Tour d’horizon.

 

DES CV 100% FIABLES POUR UN RECRUTEMENT AUGMENTE

Selon une étude du cabinet de conseil en recrutement Florian Mantione Institut, 75% des CV seraient trompeurs, 90% des candidats trouveraient normal d’arranger leur CV, enfin 2 employeurs sur 3 ne feraient aucun contrôle. La vérification des CVs est chronophage pour les employeurs, qui cherchent de nouveaux moyens pour les authentifier : flash code, sites de vérification de CVs… et pourquoi pas la blockchain ?

En effet, la blockchain, en tant que plateforme totalement transparente et infalsifiable, pourrait jouer un rôle important dans le recrutement de futurs salariés en garantissant l’authenticité des profils des candidats. L’employeur pourrait avoir de façon automatisée, la garantie des expériences, formations et compétences mises en avant par tout candidat, et ainsi maximiser ses chances de ne pas se tromper de profil, tout en gagnant du temps.

Certaines écoles s’emparent déjà de cette technologie, afin de certifier les diplômes délivrés.

C’est le cas de l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci) qui, depuis le 31 mars 2016, en partenariat avec Paymium, fournit un code à ses étudiants diplômés, qu’ils peuvent joindre à leurs CVs. Ainsi, en quelques clics, leurs futurs recruteurs pourront vérifier l’authenticité de leur diplôme.

 

DES COMPETENCES INTERNES AUTHENTIFIEES

En effet, selon les mêmes principes, les compétences acquises par les collaborateurs via la formation, l’évaluation ou les acquis de l’expérience pourraient être enregistrées et authentifiées dans un dispositif de blockchain interne et ne pourraient ainsi pas être remises en question dans la suite du parcours professionnel du collaborateur.

Par exemple, via des systèmes d’évaluation ou de reconnaissance, les équipes RH, les managers et les pairs pourraient certifier et authentifier les compétences des collaborateurs dans la blockchain. Le processus de formation pourrait également permettre d’automatiser et de garantir la validation des compétences acquises.

Ainsi grâce à un dispositif blockchain, les managers et RH auraient accès de manière sûre et garantie à l’ensemble des formations suivies par le collaborateur,

et seraient assurés de l’acquisition des compétences associées. Dans le cas de grands groupes, cela pourrait in fine favoriser et encourager la mobilité interne, en simplifiant le processus et en valorisant mieux les compétences et expériences des collaborateurs

 

CONTRAT DE TRAVAIL, REMUNERATION : UNE GESTION ADMINISTRATIVE AUTOMATISEE ET SECURISEE

La Blockchain permettrait aux RH demain de gagner du temps dans l’exécution de leurs tâches administratives.

En effet, l’employeur et le candidat pourront passer un « smart contract », un contrat intelligent basé sur un algorithme, qui permet de faciliter, vérifier et sécuriser la négociation ou l’exécution d’un contrat, afin de conclure l’embauche du candidat. Le smart contract fixe les termes et conditions d’exécution du contrat de manière à ce qu’ils ne puissent pas être modifiés par la suite. Les clauses contractuelles peuvent alors être exécutées dans l’instant, permettant un gain de temps et une réduction des coûts liés à la passation des contrats de travail.

Les ressources humaines peuvent également avoir recours aux smarts contracts dans le cadre de la rémunération, notamment en cas de prestation externe. La prestation attendue et la rémunération associée sont formalisées dans un smart contract. Celui-ci permet alors de vérifier que la prestation a bien été réalisée et, ainsi, de déclencher automatiquement le paiement.

Au-delà d’une automatisation de la rémunération, la technologie blockchain peut permettre de faciliter et sécuriser la transaction d’argent, en particulier pour les travailleurs indépendants ou travaillant à l’international. Bitwage, par exemple, a lancé en 2014 une plateforme de paiement de salaires pour travailleurs indépendants en monnaie cryptographique (bitcoin), dont les transactions sont sécurisées par la blockchain. Selon les fondateurs : « la plupart des utilisateurs souhaitent recevoir 10 à 15% de leurs salaires en bitcoin, mais d’autres demandent l’intégralité. Ce sont des indépendants qui voyagent constamment et qui ne veulent pas perdre 30% de leur salaire en changeant de devise ».

 

HORIZONTALITE ET RECONNAISSANCE : VERS DE NOUVEAUX MODES DE MANAGEMENT

Un cas d’usage davantage prospectif concerne les pratiques managériales. La blockchain pourrait en effet impacter demain la gestion de projet et le management via la création de réseaux blockchain internes à l’entreprise, appelés OCD : Organisations Collectives Décentralisées.

Les OCD sont des programmes informatiques qui reproduisent les propriétés de la blockchain (sécurité, transparence, fiabilité) à l’échelle d’une organisation. Transposées dans le monde de l’entreprise, les OCD peuvent fournir des plateformes de gestion de projet au sein d’un système blockchain interne, avec des objectifs et des actions définis à l’avance (scellés via une multitude de smart contracts), dans le cadre d’une gouvernance collaborative et horizontale. Selon les mots de Tim O’Reilly, entrepreneur et essayiste spécialisé dans l’informatique : « Les plateformes remplacent les hiérarchies de managers par des réseaux plats, coordonnés par du logiciel ». 

En plus de révolutionner la gestion de projet, en introduisant une horizontalité des organisations et des liens hiérarchiques ainsi qu’une autonomisation et responsabilisation des acteurs, ces plateformes ouvrent la voie à de nouveaux modes de reconnaissance des collaborateurs.

En effet, la contribution de chaque collaborateur y est à la fois mesurable et indiscutable, la réalisation d’une action étant vérifiée et certifiée par l’ensemble des blocs de la chaîne, c’est-à-dire les autres participants de l’OCD.

Chacun est ainsi reconnu pour son apport au projet collectif et peut être récompensé de façon équitable en conséquence :

des notions de reconnaissance et d’équité, qui motivent le collaborateur à s’impliquer dans le projet et favorisent in fine son engagement, au sein du projet mais aussi de l’entreprise.

Bien que restant une application très prospective de la blockchain, des solutions se développent pour les entreprises. La plateforme OCD israélienne Backfeed propose par exemple de « rémunérer » les collaborateurs en fonction de la valeur qu’ils ont créée via la tâche effectuée, et non en fonction du temps qu’ils y ont consacré. Un algorithme calcule automatiquement la contribution du salarié à l’effort collectif, en fonction de la façon dont il est évalué par le reste du réseau, et lui attribue des « jetons » virtuels.

 

La technologie blockchain permet donc aux services RH de faciliter leurs processus administratifs, de gagner du temps et de réaliser des économies de coûts.

Organisations horizontales, modes collaboratifs, transparence : la blockchain promeut des usages dans l’air du temps. A terme, elle pourrait ainsi permettre aux collaborateurs d’évoluer dans une entreprise plus libérée des contraintes hiérarchiques et qui reconnaît mieux leurs compétences et expériences. 

 

Pour aller plus loin et mieux comprendre la technologie blockchain, nous vous conseillons les articles de Cyril Guimbard, Pierre Monod et François Dias :

 

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