Industrie 4.0

Brésil, l’avenir des multinationales ?

9 mai 2011

La résistance relativement bonne pendant la crise financière et maintenant la forte croissance économique (7,5% de croissance en 2010) ont transformé le Brésil en un centre d’affaires majeur pour de nombreux groupes mondiaux. L’expansion du chiffre d’affaires des filiales brésiliennes et la croissance de la consommation interne du pays encouragent les investissements étrangers. Les investissements étrangers directs au Brésil devraient atteindre le volume record de 65 milliards de dollars en 2011*. Ce chiffre place le pays juste derrière les États-Unis et la Chine, en tant que pôle d’attractivité des investissements.

Autre intérêt pour les multinationales : les bénéfices versés par les filiales brésiliennes sont en constante augmentation. En 2010, 30 milliards de dollars ont étés exportés du Brésil. Pour cette raison, le Brésil est devenu un fournisseur de revenus pour les pays des maisons mères, principalement américaines et européennes, qui restent confrontées à une lente reprise de leurs marchés intérieurs. La Figure 3 illustre ce phénomène pour les principaux pays qui bénéficient des dividendes brésiliens. La France est classée à la quatrième place avec un montant qui s’élève à 1,9 milliard de dollars.

Pour un nombre croissant de sociétés internationales, le marché brésilien figure sur le podium des marchés les plus importants à l’échelle mondiale

 

1)    Fiat (Italie) :

Le groupe Fiat contrôle les marques Fiat automobiles, Maserati, Ferrari, entre autres. La société a fait en 2010 un chiffre d’affaires d’environ 17 milliards de dollars au Brésil et le même montant en Italie alors même que la quantité de véhicules vendus au Brésil en 2010 reste plus élevée (761.000 véhicules contre 625.000 en Italie).

2)    Avon (Etats-Unis) :

Avon est une entreprise américaine de cosmétiques, parfum et accessoires. Celle-ci est présente dans 100 pays pour un chiffre d’affaires en 2010 d’environ 11 milliards de dollars. La filiale brésilienne est à la tête du groupe avec une croissance de 20% en 2010 et un chiffre d’affaires de 2,18 milliards de dollars contre 1,74 milliards de dollars aux Etats-Unis.

3)    Santander  (Espagne) :

Banco Santander est la première banque espagnole et l’une des principales d’Europe. Le Brésil est le pays qui rapporte le plus pour le groupe : il représente en 2010 25% du résultat net du groupe.

4)    Rhodia (France) :

Rhodia, un des principaux groupes de l’industrie chimique française, est spécialisé dans la chimie fine, les fibres synthétiques et les polymères. Elle est implantée au Brésil depuis 1919 et possède aujourd’hui 5 installations industrielles dans l’Etat de São Paulo. En 2010 la filiale brésilienne a rapporté 14% du chiffre d’affaires global à égalité avec la France et juste derrière les Etats-Unis.

5)    Monsanto (Etats-Unis) :

Monsanto est une entreprise spécialisée dans les biotechnologies végétales. Le Brésil est actuellement son deuxième plus gros marché (20% du chiffre d’affaires global en 2010). Favorisée par la loi sur la biosécurité qui réglemente la production et la commercialisation des OGM, la société envisage un taux de croissance mondial de 13%/an jusqu’en 2020. Au Brésil, la croissance espérée est beaucoup plus importante, ce qui permettrait à la filiale brésilienne de dépasser la maison mère sur de cette période.

6)    Whirlpool (Etats-Unis) :

Whirlpool est une société américaine spécialisée dans la conception, la fabrication et la distribution d’électroménagers. Elle a récemment installé deux de ses plus gros centres de recherche et développement au Brésil, à Joinville (SC) et à Rio Claro (SP). Le Brésil est devenu pour Whirlpool le deuxième plus grand marché en terme de volume de ventes au monde avec ces trois marques locales (Brastemp, Consul et KitchenAid), juste derrière les Etats-Unis.

7)    Nivea (Allemagne) :

Nivea est une marque commerciale du groupe allemand Beiersdorf de produits du soin de la peau et des cheveux. Elle lancera en 2011 35 nouveaux produits au Brésil avec, pour objectif, une croissance annuelle de 15%. Les ventes de cette entreprise établie au Brésil depuis plus d’un siècle, dépassent désormais les ventes de la France et de l’Italie, mais sont encore juste derrière les ventes de l’Allemagne.

8)    Volkswagen (Allemagne) :

Premier constructeur automobile européen, Volkswagen Allemagne a été dépassé en 2010 par Volkswagen Brésil en chiffre d’affaires. Ce pays représente désormais 15% des ventes mondiales de la marque juste derrière la Chine. La société planifie d’investir 3,7 milliards de dollars en 2011 au Brésil et de concevoir un modèle d’entrée de gamme pour s’adapter au pouvoir d’achat des brésiliens et à la politique lourde de taxation des véhicules appliquée par le gouvernement.

9)    Telefónica  (Espagne) :

Telefónica est une entreprise multinationale espagnole de télécommunications. Certes, la filiale brésilienne est restée pour le moment derrière la maison mère en terme de chiffre d’affaires, mais le nombre de consommateurs au Brésil (76 M) dépasse déjà la population de l’Espagne (46 M). Cette étape a été franchie en 2010 grâce au rachat de 100% des actions de la société de téléphonie mobile Vivo. En 2010, le chiffre d’affaires de la filiale brésilienne a augmenté de 33%, tandis qu’en Espagne il est tombé de 5,5%.  C’est donc tout naturellement que la société envisage d’investir 14,6 milliards de dollars au Brésil d’ici à 2014.

10)     Nestlé (Suisse) :

Nestlé, un des principaux acteurs de l’agroalimentaire dans le monde, produit et commercialise un large éventail de produits et de boissons pour l’alimentation humaine et animale. De 2001 à 2011, Nestlé Brésil est passé de septième à deuxième marché du groupe avec un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards de dollars en 2010 grâce à l’étude depuis 2001 des besoins des foyers à faibles revenus.

11)     Unilever (Pays-Bas/Angleterre) :

Troisième groupe au monde dans le domaine des produits de consommation courante, avec plusieurs marques comme Procter & Gamble, Lipton, Ben & Jerry’s, Dove, Omo, Knorr, etc., Unilever Brésil a dépassé Unilever Pays-Bas en terme de ventes pendant la crise, juste derrière les Etats-Unis. De toutes les filiales au monde, c’est toujours la filiale brésilienne qui a la plus forte croissance. Une partie de ce résultat est liée au succès de la marque Omo, avec un million d’unités vendues par jour, présente déjà dans 90% des foyers brésiliens.

12)     SAP  (Allemagne) :

SAP est la société de conception de logiciels plus importante en Europe qui se place en quatrième place au niveau mondial. La forte croissance des ventes de logiciels au Brésil, au-dessus de la moyenne, a permis à la filiale brésilienne de se placer en troisième place juste derrière les Etats-Unis et l’Allemagne.

EN CONCLUSION

Considéré comme l’Eldorado des multinationales, le Brésil rivalise directement avec les autres pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) pour l’accueil des investissements étrangers. C’est grâce à l’amélioration des indicateurs sociaux, à la croissance des revenus et à l’émergence d’une classe moyenne que le Brésil attire de plus en plus d’investisseurs étrangers. Selon Kees Kruythoff, Président de la filiale brésilienne d’Unilever : « Les gens disent que le Brésil est le pays de l’avenir. Pour Unilever, l’avenir est déjà là ». Ivan Zurita, Président de la filiale brésilienne de Nestlé ajoute : « La Chine a plus d’un milliard d’habitants, le Brésil a 200 millions de consommateurs ».

Les ressources qui entrent en ce moment au Brésil vont créer plus d’emplois et de revenus pour les travailleurs et ainsi leur permettre une ascension sociale capable de soutenir le marché intérieur. Le nombre de consommateurs augmentant et avec lui, l’exigence de qualité des produits et services offerts, les besoins en conseil stratégique et opérationnel devraient s’accroître dans les années à venir. Notamment, les besoins d’évolution des entreprises locales, non adressées par les grands acteurs du conseil, constituent une opportunité certaine pour des cabinets capables d’établir une relation de proximité.

Ecrit par Alexandre Schujmann

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