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Intelligence collective

Eco-concevoir un produit ?

20 avril 2012

Eco-concevoir un produit, c’est le concevoir en pensant son empreinte environnementale dès sa phase de conception et en faisant en sorte que cette empreinte soit la plus faible possible.

Cela repose sur un principe qui peut paraitre surprenant : la quasi-totalité des problématiques environnementales d’un produit est prévisible dès sa phase de conception. Si ces problématiques sont identifiées alors elles peuvent également être gérées dès cette étape de conception.

Pour éco-concevoir un produit, une méthodologie doit être suivie de manière à éviter le cauchemar de l’éco-concepteur : Le transfert de pollution. Un transfert de pollution est une fausse bonne idée environnementale qui semble réduire un des impacts que peut avoir un produit mais va en réalité déplacer la pollution, que cela soit à un autre moment de la vie du produit ou sur une autre problématique environnementale.

Pour éviter ces transferts, chaque étude devra être multi étapes et multicritères.

On entend par étude multi-étapes que le cycle de vie complet du produit doit être pris en considération depuis l’extraction des matières premières le composant jusqu’à la destruction ou le recyclage de ces matières lorsque le produit deviendra un déchet ; en passant par toutes les étapes de transformation, de transport ou d’utilisation du produit.

On entend par étude multicritères qu’un panel de problématiques environnementales doit être pris en considération pour s’assurer qu’on n’a pas déplacé de la pollution. L’erreur la plus couramment rencontrée étant de trop se focaliser sur la problématique de réchauffement climatique alors que les produits portent aussi des responsabilités sur les pollutions aériennes, aquatiques, les épuisements de ressources et même les toxicités de différents milieux :

Pour éco-concevoir un produit on s’attachera toujours à associer sa performance environnementale à sa fonction et sa performance. Ceci permettra d’éviter des conclusions affligeantes de type 1 tonne de béton est plus impactante qu’1 tonne de papier. C’est idiot car il est impossible de faire la même chose avec une tonne de papier et une tonne de béton. Une comparaison environnementale plus pertinente pourrait par contre se faire entre 2 poutres ayant une taille semblable et surtout des performances similaires.

Ne pas considérer la fonction et la performance d’un produit peut conduire au non-sens illustré ci-dessous lors de la comparaison environnementale de 2 peintures :

Enfin, améliorer la performance environnementale d’un produit nécessite de la connaitre. Des outils existent pour mesurer cette performance : le plus complet étant l’analyse de cycle de vie. L’analyse de cycle de vie (ACV) est un outil normalisé (encadré par les normes ISO 14040 et ISO14044).

Son objectif est de recenser l’ensemble des flux entrants et sortants d’un produit et de répéter cette collecte de flux sur les flux eux-mêmes jusqu’à ne plus obtenir qu’une liste de flux qui sont directement prélevés ou restitués au milieu naturel : on parle alors de flux élémentaires.

Par exemple, la quantité d’électricité consommée lors d’un process n’est pas un flux élémentaire. Il est nécessaire de remonter à la production d’électricité où auront été consommées des ressources et émis différents polluants.

Ces flux élémentaires sont alors traduits en impacts environnementaux c’est-à-dire en modifications quantifiées d’une problématique environnementale qui peuvent être le réchauffement climatique, l’acidification de l’air, l’eutrophisation des eaux, la destruction de la couche d’ozone, l’écotoxicité des sols…

Une fois ces impacts calculés, il est possible d’identifier leurs origines : Quels matériaux ? Quels procédés ? Quelles étapes sont responsables ?

L’ACV permet donc de garantir que les modifications du produit sont réalisées là où elles sont les plus pertinentes et, en réalisant l’évaluation du produit amélioré, s’assurer qu’aucun transfert de pollution n’est induit par ces modifications.

L’ACV est applicable à tous types de produit notamment aux produits agroalimentaires.

Les ACV de ce secteur sont d’ailleurs amenées à se multiplier car, suite aux lois grenelles, il est possible que les évaluations environnementales deviennent obligatoires pour tous les produits de grande consommation.

Ce contexte législatif et normatif fera l’objet d’un prochain article sur ce blog.

Ecrit par Nicolas Pretavoine.

 

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