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Que faut-il penser du bitcoin et de l’engouement actuel pour les cryptomonnaies ?

31 janvier 2018

Jean Tirode a récemment pointé le fait que le bitcoin n’était pas une monnaie qui contribuait au bien commun, Vitor Constancio, le n°2 de la BCE, le qualifiant de son côté « d’actif spéculatif », et Jean Ophèle le Président de l’AMF « d’illusion dangereuse ».

Que faut-il penser dès lors de l’engouement actuel pour le bitcoin et les autres cryptomonnaies (dénommées ci-après « bitcoin » pour simplifier) ?

A ce jour 1 400 crypto monnaies sont recensées, les 20 principales cumulant près de 700 Md$ de valorisation

Les principaux griefs émis contre le bitcoin, qui limitent la confiance et le crédit accordés à cette nouvelle « monnaie » virtuelle, et par là-même sa valeur intrinsèque, même si sa rareté semble garantie par un algorithme, sont les suivants :

  • En ce qui concerne la valorisation du bitcoin, les spécialistes observent que la valeur du bitcoin est décorrélée de toute réalité économique, et est donc particulièrement volatile, ce qui en fait effectivement un instrument spéculatif intéressant mais très risqué et non pas une véritable monnaie, un peu comme les jetons de casino.
  • Le marché du bitcoin n’est pas réglementé, c’est ce qui fait son charme aux yeux de certains investisseurs. On considère aujourd’hui en effet qu’une transaction sur deux réalisée en bitcoin sert à financer des activités illégales (crime organisé, drogue, vente d’armes, etc.). Paradoxalement, le marché des dérivés sur bitcoins est réglementé.
  • L’absence de régulation des transactions en bitcoins ne permet pas de garantir la protection des petits porteurs ni de compenser l’asymétrie d’information qui existe entre ces particuliers et d’autres utilisateurs comme certains fonds d’investissement et des spéculateurs avertis. Pour ces raisons, la SEC s’est opposée à la création d’un ETF sur bitcoin et si une société de gestion basée en France a bien lancé un fond bitcoin, il est réservé aux professionnels avertis.
  • En Europe, les plateformes doivent disposer d’un agrément de Prestataires de Paiement délivré par l’ACPR pour proposer des transactions en bitcoins, ce qui garantit notamment la mise en place de diligences LAB/FT. Mais les plateformes qui traitent du bitcoin aujourd’hui sont asiatiques et ne sont pas soumises aux mêmes obligations réglementaires. Le développement du marché du bitcoin est une aubaine pour ces plateformes qui prélèvent une commission sur chaque transaction. A noter que certaines de ces plateformes, qui n’évoluent pas dans un environnement parfaitement sécurisé, ont fait l’objet de cyberattaques récemment, parfois avec la complicité de leur fondateur.
  • Enfin, il est maintenant bien connu que le procédé de « minage », qui est au cœur du processus de validation des transactions sur la blockchain, consomme énormément d’énergie : la validation d’une transaction représenterait l’équivalent de la consommation en énergie d’un ménage américain pendant une semaine selon certains spécialistes.

Plus généralement, un amalgame est souvent fait entre le bitcoin et la technologie sous-jacente appelée blockchain. Alors que la blockchain est une technologie d’avenir, elle pourrait fort bien se passer du bitcoin.

Malgré ces limitations et défauts, les startups multiplient les levées de fonds en cryptomonnaies via des ICOs (« Initial Coin Offerings »), tandis que certains groupes et non des moindres, comme Goldman Sachs, font la promotion de ces nouvelles monnaies et ouvrent des desks dédiés aux cryptomonnaies : l’argent dit-on n’a pas d’odeur.

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