Open Banking

La BPI, un « nouveau » dispositif pour accompagner le financement des PME ?

15 janvier 2013

Aider les petites et les moyennes entreprises (PME) en garantissant leurs financements et en favorisant leur pouvoir d’innovation, telle est la mission de la nouvelle Banque Publique d’Investissement (BPI). Dans ce contexte de crise, la BPI, promesse phare du candidat François Hollande pendant sa campagne, se veut être un véritable outil de soutien à l’industrie française.

La Banque Publique d’Investissement BPI en quelques mots…

Sa création a été actée au Conseil des ministres en octobre 2012 et la loi publiée au JO le 1er janvier 2013,

Elle fusionne les activités de trois institutions déjà opérationnelles actuellement :

  • La banque publique des PME et de l’innovation, OSEO,
  • Le Fonds Stratégique d’Investissement FSI pour les prises de participations dans les sociétés françaises stratégiques,
  • La CDC Entreprises, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations ;

Elle sera détenue à parts égales entre l’Etat et la Caisse des Dépôts et Consignations ;

Elle proposera un nouvel accès aux services financiers via un guichet unique au niveau des régions ;

Elle ciblera les TPE et les PME industrielles, innovantes et exportatrices, principalement de « secteurs stratégiques d’avenir » c’est-à-dire les secteurs de transition énergétique, numérique ou économie sociale ;

Elle aura deux missions principales :

  • Accorder des financements aux entreprises (octroi direct et garanties auprès des autres banques),
  • Investir en capital de ces mêmes entreprises,
  • En complément, possibilité d’intervenir sur l’accord de crédits d’exportation ; 

Elle disposera d’une force de frappe de plus de 40 milliards d’euros répartis entre les prêts (20 milliards d’euros), les garanties des financements (12 milliards d’euros) et les prises de participation au capital (10 milliards d’euros),

  •  A noter, les fonds proviennent de l’épargne des Français sur le Livret de Développement Durable et le Livret A dont les plafonds viennent d’être revalorisés à la hausse.

Un modèle ?

Le succès du dispositif allemand avec la banque publique KfW (Kreditansalt für Wiederaufbau) est fortement dans les esprits des politiques français.

Cette institution de crédit existant depuis 1948 avait pour vocation à l’origine de financer la reconstruction de l’économie du pays. Aujourd’hui, elle répond à des missions d’intérêt public comme principalement le soutien aux PME allemandes avec la création d’entreprise, la mise à disposition de crédit d’investissement…

Un succès justifié par les résultats : KfW fait partie des banques les plus rentables d’Allemagne, elle affiche un bénéfice net de 2 milliards d’euros en 2011 et elle est considérée comme une des banques les plus sûres sur leur marché.

Atteindre ce niveau de réussite en France paraît ambitieux compte tenu des différences de politiques économiques et géo-administratives des deux pays.

La mise en œuvre de ce nouvel établissement, garant du soutien financier aux PME, amène à se poser quelques questions …

  • Une force de frappe de plus de 40 milliards d’euros :

Comment apporter de nouveaux capitaux à la BPI au-delà des 40 milliards d’euros qui sont a priori le cumul des fonds déjà alloués aux trois établissements (OSEO, FSI et CDC Entreprises), sachant que plus de 200 milliards d’euros de nouveaux crédits sont accordés aux entreprises sur une année ?

  • Un guichet unique au niveau de chaque région pour faciliter l’accès aux services financiers :

Comment cet organisme d’Etat pourra garantir une réactivité suffisante en liquidité aux demandes des entreprises ? Cette nouvelle proximité régionale est-elle optimale ?

Quelles limites seront données au pouvoir des régions, nouvellement fortement impliquées dans ce dispositif ?

  • La BPI et les autres acteurs dans le circuit existant de financement des entreprises :

D’autres organismes locaux peuvent intervenir dans le développement des entreprises comme des associations d’aide au financement (exemple : réseau associatif de Initiative France). Quel sera le rôle ou la participation de ces acteurs locaux connus et proches des  entreprises dans ce nouveau dispositif ?

En 2010, l’Etat avait demandé à la Banque Postale d’aider aux financements des entreprises. Depuis la banque a lancé un vaste projet afin de développer une vingtaine d’offres de financement (facilité de caisse, crédits moyen long terme, crédit-baux…) auprès d’entreprises et des collectivités territoriales. Quel sera le positionnement de La Banque Postale dans ce nouveau circuit ?

Quelques éléments de comparaison pour évaluer les capacités futures de la BPI :

  • Les filiales du Groupe Caisse des Dépôts et Consignations, le FSI et CDC Entreprises ont soutenu plus de 850 entreprises en 2011. Au total, 7,1 milliards d’euros d’investissements ont été mobilisés dans 1 800 entreprises par toute la galaxie FSI depuis sa création en 2008.

Sources : Résultats annuels 2011 du Groupe CDC

  • Concernant OSEO, suite au plan de relance d’octobre 2008 à décembre 2010, l’établissement avait été doté de deux nouveaux fonds permettant de répondre aux urgences de trésorerie des TPE / PME et 5,3 milliards d’euros de financements avaient été débloqués avec les banques pour 20 100 entreprises.

Source : Rapport sur l’évolution des PME en 2011 (La Documentation Française)

 

Pour conclure, la nouveauté du dispositif de la BPI provient d’un accès décentralisé au niveau des régions des différents services financiers pour les entreprises. Attendons le premier bilan fin 2013 tant sur le montant des investissements accordés aux entreprises que sur les effets de la décentralisation de l’organisme public dans le circuit de financement des entreprises, pour évaluer son soutien à l’industrie française.

La création de la BPI peut être considérée comme une première étape d’une ambition plus importante, qui reste à définir, garante de la proximité et de la réactivité requises par les PME et en capacité d’apporter des capitaux bien supérieurs à 40 milliards d’euros.

Principales sources :

http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/la-bpi-ses-ambitions-et-les-doutes-qu-elles-suscite_349226.html

http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/10/18/a-quoi-sert-la-banque-publique-d-investissement_1777465_3234.html

 

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