Croissance verte

Gaz : une nouvelle source de revenus pour les agriculteurs et les industries de l’agro-alimentaire

8 mars 2018

La méthanisation, en recyclant et valorisant les déchets agricoles et les effluents d’élevage, transforme en profondeur l’activité des agriculteurs et leur offre de nouvelles opportunités : revenus complémentaires, diversification des activités, meilleure gestion des déchets…

 

Saisir l’opportunité Biométhane, c’est ce qu’a fait la famille Texier, éleveurs de porcs dans le Morbihan : « Je le dis haut et fort, nous sommes des éleveurs de porcs et nous traitons des déchets. » Vivien Texier.(1)

Le bénéfice est direct : traitement du lisier à moindre coût, production d’énergies (chauffage pour la porcherie et électricité) et d’engrais naturels. Le site absorbe et traite chaque année 15.000 tonnes de matières.

 

Comment font-ils ?

Les déchets agricoles, qui constituent les intrants dans le processus de méthanisation, sont récoltés :

  • Effluents d’élevage : fumiers, lisiers, litières, déchets d’abattoirs, lactoserum, produits périmés des grandes surfaces…
  • Biomasse végétale : herbe, résidus de tonte, CIVE…
  • Sous-produits relatifs à la production végétale : légumes déclassés, résidus de récoltes

Les intrants peuvent également avoir une provenance plus large : boues de stations d’épuration, algues, déchets ménagers…

La matière collectée est acheminée sur une unité de méthanisation.

 

Unité de méthanisation Farmgen au Royaume-UniUnité de méthanisation Farmgen au Royaume-Uni

 

L’un des composants de l’unité de méthanisation est le digesteur. Les déchets sont triés, préparés et introduits dans le digesteur. Le digesteur est une enceinte fermée qui chauffe et brasse pendant plusieurs jours les déchets. Les bactéries les transforment en digestat et en biogaz.

Le digestat est un engrais organique aux qualités agronomiques reconnues. Son utilisation en exploitation agricole permet de réduire la consommation d’engrais chimique.

Le biogaz produit lors de la méthanisation doit être épuré avant injection dans le réseau de distribution de gaz naturel. Après avoir été épuré, le biogaz est réputé conforme aux spécifications du gaz naturel. Il contient alors plus de 97% de méthane, a les mêmes propriétés que le gaz naturel et peut servir pour tous les usages classiques du gaz (cuisson, chauffage…).

Pour être injecté, le biogaz est acheminé jusqu’à un poste d’injection. De manière générale, les postes d’injection sont achetés, installés et maintenus par les opérateurs de réseaux.
Les opérateurs y réalisent quatre étapes : (1) l’odorisation pour donner au biométhane l’odeur caractéristique du gaz naturel et assurer la sécurité des usagers, (2) le contrôle de la qualité du biométhane pour vérifier la conformité de ses caractéristiques physico-chimiques, (3) la régulation de la pression qui permet au biométhane d’être prioritaire à l’injection dans le réseau, (4) le comptage pour connaître les volumes injectés dans le réseau et rémunérer le producteur.

 

Préparer un projet de méthanisation pour son exploitation / son industrie agro-alimentaire :

C’est la mesure du volume injecté qui détermine la rémunération du producteur. Les producteurs de biométhane bénéficient de contrats de rachat fixés par l’état : le tarif d’achat est garanti pendant 15 ans et est compris entre 46 et 139 €/MWh selon le type de déchets et la taille de l’installation [2]. Le producteur vend l’intégralité des quantités qu’il injecte à un seul fournisseur de gaz naturel : il ne peut pas fragmenter sa production.

Le projet d’injection commence par une phase d’étude de faisabilité du projet de 1 à 5 ans, pendant laquelle le distributeur doit réaliser les études qui valideront la comptabilité du projet avec le réseau de gaz. Le montage d’un projet d’injection de biométhane dure en moyenne 4 ans. Le développement de la filière biométhane est donc progressif.

 

La méthanisation a le vent en poupe

Biogaz et biométhane occupent des places grandissantes dans l’Union Européenne. Chaque pays a mis en place ses réglementations et préconisations par rapport à ces gaz et aux installations qui les produisent. Le « paysage biogaz » est donc très différent d’un pays à l’autre [3] : la Suisse est le seul pays qui produit du biométhane majoritairement grâce aux eaux usées et la France le seul qui en produit en majorité grâce aux biodéchets.

La Loi de Transition Energétique fixe l’objectif d’une injection de 10% de gaz renouvelable dans les réseaux en France d’ici à 2030 [4]. GRDF, distributeur de gaz naturel, considérant que cet objectif de 10% pourrait être atteint au vu du dynamisme de la filière, a affirmé sa volonté d’injecter, d’ici à 2030, 30% [5] de gaz renouvelable dans les réseaux. Certains scénarios définissent des perspectives permettant d’atteindre les 100% en 2050 [6].

Un groupe de travail sur la méthanisation a été organisé par le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu sur le début d’année 2018. Ce groupe de travail a acté des objectifs, qui ont été présentés au Salon de l’Agriculture en février 2018. Au programme notamment : l’évolution des dispositifs de soutien, le renforcement du financement, la simplification de la réglementation…

Les industriels souhaitent ainsi réduire à 3 ans les délais entre le dépôt du dossier et la mise en service de l’unité, délais qui atteignent 7 à 10 ans dans certains cas. Tous soulignent qu’il est nécessaire que la filière biométhane gagne en visibilité pour encourager les investissements et les porteurs de projets.

Le biométhane, une filière d’avenir qui structure sa montée en puissance dans le secteur Agri-Agro !

 

[1] Saint-Nicolas. Ces éleveurs de porcs conquis par la méthanisation
[2] Tarifs applicables en 2015.
[3] Pour tout savoir sur l’injection de BioGaz en Europe 
[4] Fixés par la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV).
[5] Soit 90 TWh, la loi de transition énergétique pour la croissance verte votée en 2015 fixe un objectif de 10% de gaz renouvelable dans les réseaux, soit 30 TWh en 2030
[6] Source Etude 100% gaz renouvelable – GRDF GRTgaz Ademe.

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