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Intelligence Humaine VS IA : l’occasion de redécouvrir notre humanité ?

22 novembre 2018

A l’occasion de la sortie du second livre de Fabrice Mauléon sur les soft skills, nous avons eu la chance de l’interviewer. Son ouvrage, passionnant, propose des pistes concrètes pour renforcer les compétences propres à l’Homme. Un livre à mettre entre toutes les mains !

Fabrice Mauléon, bonjour. Tu es expert en innovation et digital et auteur du livre « Soft Skills, Développez vos compétences comportementales, un enjeu pour votre carrière ». Il s’agit de ton 2ème opus sur le sujet. Quelle a été la genèse de ce projet ?

C’est en effet la suite d’ouvrage intitulé Le Reflexe Soft Skills, que nous avions écrit en 2014 avec Jérôme Hoarau et Julien Bouret.

C’est d’abord mon expérience en tant qu’enseignant qui a nourri l’idée de ces ouvrages. J’ai en effet créé il y a quelques années le 1er master en développement durable, et je me suis alors rendu compte que ce qui restait en premier lieu de ces enseignements avait trait aux compétences comportementales.

Déjà à l’époque, nous avions introduit des cours surprenants qui allaient dans ce sens, comme du yoga et du reverse coaching pour apprendre les outils digitaux. Et tout ça au nom du développement durable !

Avec mes 2 co-auteurs, nous avons découvert que les soft skills n’étaient pas connus en France, contrairement aux Etats-Unis.
Notre premier ouvrage a donc naturellement été consacré à poser des définitions : que sont les soft skills finalement ? Nous donc dressé une première liste de compétences, avec des propos sur le côté très « cerveau droit » des soft skills : esprit d’entreprendre, créativité, confiance, etc.

Après ce premier ouvrage, qui posait le cadre de référence, nous avons ensuite travaillé sur la manière de les acquérir. Et c’est l’objet de ce 2ème ouvrage. Il y avait également une demande forte des lecteurs pour obtenir une liste « officielle » des soft skills à acquérir.

De mon côté, j’ai une position assez distanciée par rapport à ce type de liste. Si vous regardez la liste des 10 compétences soft skills donnée annuellement par le World Economic Forum, vous vous apercevez que cela ne bouge pas beaucoup.

Et il y a un élément important qui a changé entre 2014 et 2018 : il s’agit de l’arrivée de l’Intelligence Artificielle (IA).

Là où auparavant je pouvais dire : telle soft skill est une compétence très cerveau droit, aujourd’hui mon discours a changé. Je dis plutôt : « telle compétence est peut-être ce que l’on va choisir de conserver par rapport à l’IA, par rapport à une compétence qu’on aurait intérêt à externaliser à une machine.

Ma définition a ainsi évolué : les soft skills seraient en des compétences que nous souhaiterions garder, car il s’agit de compétences pour lesquelles nous jugeons que nous avons une plus-value. Laurent Alexandre le dit d’ailleurs très bien : la machine analyse et calibre un cancer mieux que l’homme.

Pour autant, personne n’a envie d’apprendre qu’il a un cancer de manière automatisée, par une machine ou pour être caricatural par texto. Donc il faudra toujours quelqu’un qui soit en capacité d’empathie, de communication. Et cela n’est possible que grâce aux soft skils.

Merci Fabrice. Tu livres également dans ce livre quelques recettes pour muscler ces fameux soft skills. Quelle est ta vision sur la part de l’inné et de l’acquis dans ce domaine ?

Quand je fais du design thinking, de la com, etc., je passe mon temps à vendre qu’il n’y a pas de déterminisme naturel et social, avec d’un côté les gens créatifs (Steve Jobs) et de l’autre côté le commun des mortels. Une partie de mon travail consiste notamment à enseigner des méthodes qui permettent de développer cette fibre créative et à accompagner des équipes dans ce sens.

Et pour les soft skills nous sommes partis dans la même direction. Il y a un mélange qui se fait entre le développement personnel et le mode projet. Avec un processus et des étapes que l’on peut suivre. Dans la formation d’une infirmière par exemple, on a bien cette formation à l’empathie. Et on ne la retrouve pas dans celle du médecin. Idem chez les avocats, où l’enseignement est très tourné vers les capacités analytiques. On n’apprend pas à rassurer un client, alors que cela peut représenter 60% de l’expérience client.

On nous parle beaucoup des capacités croissantes des ordinateurs, de stockage et de calcul avec notamment la fameuse loi de Moore. L’IA bénéficie de ces avancées. Or dans ton livre, tu insistes sur le fait qu’il existe également une sorte de loi de Moore humaine, fondée sur ces caractéristiques physiologiques, comme la neuroplasticité neuronale. Peux-tu nous en dire plus ?

Plus on rentre dans une ère avec des questions sur l’intelligence artificielle, plus cela amène un peu de débat sur l’intelligence humaine. On voit vraiment un intérêt croissant pour les sciences cognitives par exemple, avec une explosion de la recherche dans ce domaine.

Il y avait une sorte de déterminisme qui était communément accepté : jeune, on dispose de beaucoup de neurones, qu’on perd ensuite tout au long de sa vie. Or on voit très bien que cela est faux : nous avons une véritable plasticité neuronale. On le voit par exemple dans les cas de personnes qui perdent 95% de leur cerveau mais qui en fin de compte vivent très bien, car ils ont pu compenser cette perte en « re-programmant les 5% restants ».

On peut également voir ce type de potentialité dans l’épigénomie, qui montre que nous avons une capacité à modifier notre ADN de manière naturelle. On découvre que nous avons là-aussi une plasticité dans notre ADN.

Ce qui nous ramène au soft skills. Il est finalement bien plus facile d’acquérir de nouvelles compétences dites « soft », comme la capacité de pitcher comme dans une conférence TED par exemple.

Tu parles du fait d’agir comme un caméléon pour les soft skills. Qu’entends-tu par là ?

Je crois que nous avons vocation à développer sans cesse nos softs skills. Non pas pour chercher une sorte de liste de courses parfaite, mais pour se mouvoir au sein de son environnement et trouver la compétence appropriée à un instant T.

Il y a en effet un risque avec ces sujets, et c’est celui de la recherche de la formule parfaite. Tout dépend donc de l’évolution de l’écosystème au sein duquel nous évoluons.

En entrepreneuriat on parle du principe d’effectuation, qui part d’un postulat assez simple en fait : « pars déjà d’où tu es, avec ce que tu as ». La méthode d’acquisition des soft skills enlève également une sorte de pression. Les softs skills s’acquièrent également de manière itérative. On commence avec une V1, qui sera améliorée etc…

Tu parles également du concept de singularité appliqué cette fois à l’homme, avec une sorte de reconquête de l’intériorité qui permet d’accélérer notre acquisition des soft skills. Qu’entends-tu par-là ?

Un de mes co-auteurs, Jérôme Hoareau, est très porté sur la mindfulness et la connexion avec l’instant présent.

D’abord pour des raisons externes, car nous avons à faire à une véritable infobésité par exemple.

Il y a un piège qui peut consister à rentrer dans une sorte de tyrannie. On peut passer son temps à demander comment faire pour être à la fois geek, designer, champion en sciences cognitives et en IA.

Mais dans les faits, on se rend compte que ces stratégies de connexion à l’instant présent et de reconquête de l’attention sont le moyen d’accélérer le développement des soft skills.

Les techniques de visualisation issues du sport de haut niveau, couplées à l’attention à l’instant présent, permettent de rendre effective cette promesse d’acquérir des softs de manière rapide.

Nous avons en quelque sorte une intuition qu’une partie des réponses peut se trouver dans l’exploration de ces méthodes.

Et cela se traduit par un paradoxe même en librairie : il y a 4 ans, quand on a sorti notre premier livre, on ne savait pas s’il devait être sur l’étagère business ou l’étagère développement personnel !

A découvrir : Soft Skills, Développez vos compétences comportementales, un enjeu pour votre carrière par Fabrice Mauléon, Julien Bouret et Jerôme Hoarau.

Softskills - Mauleon

Propos recueillis par Thibault Hache.

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