Intelligence collective

L’instruction avant l’intuition : un enjeu pour les DSI

11 avril 2012

Peu importe le terme employé (parfois « études » ou « analyses), il est fondamental de disposer des meilleures « instructions » possibles pour piloter l’évolution du Système d’Information. La pluralité des enjeux impliquant le SI doit inévitablement conduire à une pratique de l’instruction ancrée dans la culture de la DSI. Malgré cela, peu de DSI mesurent aujourd’hui la qualité de leurs instructions, pratique qui est pourtant clé pour sécuriser la prise de décision. Mais en fait, est-elle si répandue que cela ?

 

Un rôle clé pour animer les instructions : l’architecte…

Les phases amont des projets d’évolution d’un Système d’Information ont pour objectif – entre autres – de définir une orientation parmi d’autres, que le barycentre de laproblématique soit fonctionnel ou technique. Ce processus de choix fait intervenir beaucoup d’acteurs, parmi lesquels on trouve un ou plusieurs architectes. L’objectif ici n’est pas de préciser les différents rôles (urbaniste, architecte fonctionnel, architecte d’infrastructure, etc.), mais de partager une de nos convictions profondes : dans les phases amont des projets impliquant le SI, l’architecte a un rôle clé puisqu’il porte la responsabilité de conduire la ou les instructions, afin de permettre aux managers de prendre les meilleures décisions possibles en termes d’évolution du SI.  Sans instruction préalable, le choix d’une orientation (sélection de tel ou tel progiciel, lancement ou arbitrage de projet, etc.) relève uniquement de l’intuition ; ce processus de choix devient particulièrement complexe car le consensus entre décideurs est difficile à trouver, les décisions sont « molles » et parfois peu suivies d’effet.

 

… mais l’architecte est encore trop souvent positionné dans un rôle d’expertise

Nos interventions auprès de DSI nous ont montré de grandes disparités dans la façon d’instruire une problématique d’architecture, que sa portée soit fonctionnelle ou technique, et donc dans le profil des architectes rencontrés. L’architecte est parfois « expert au-dessus des experts », parfois « inspecteur des travaux finis », ou bien encore « spécificateur » par opposition aux « faiseurs ». Trop rarement, l’architecte est positionné dans ce rôle de catalyseur et d’animateur qui permet à tous les intervenants concernés – l’écosystème organisationnel constitué d’internes, de sous-traitants, de constructeurs, d’éditeurs, etc. – de converger vers une solution partagée selon une approche déterministe.

L’architecte « expert au-dessus des experts » se caractérise par une certaine aisance à la prise de recul dans son domaine d’expertise, aisance qui lui permet d’appréhender rapidement une problématique. Pour autant, en dehors de sa zone de confort, ce profil ne disposera pas des réflexes permettant d’appréhender une problématique dans sa globalité : perception des enjeux, capacité d’implication d’autres domaines d’expertise, sens du consensus, etc.

L’architecte « inspecteur des travaux finis » intervient en validation de travaux de conception ou d’études réalisées par d’autres acteurs, par exemple par des architectes détachés dans les structures projets. Cette organisation demande beaucoup de maturité dans sa mise en œuvre, car porter un regard sur une étude réalisée par un tiers, sans avoir été impliqué en amont, est rarement efficient.  Positionner des architectes dans ce rôle, c’est courir le risque de rouvrir des débats – quelle que soit leur nature, fonctionnelle ou technique – en « fin » de processus de conception.

Enfin, l’architecte « spécificateur » est celui dont la principale mission est de produire en autonomie un « dossier d’architecture », pour le remettre ensuite aux opérationnels en charge de sa mise en œuvre… et qui s’empresseront d’en critiquer le contenu et n’adhèreront pas à la solution ainsi décrite.

Le bon positionnement est-il une conjonction des trois fonctions ? Non,  puisqu’aucune de ces fonctions ne fait appel aux compétences fondamentales d’animation et de communication qui permettront de garantir la qualité des instructions. Si les architectes n’ont pas le positionnement adéquat, qui peut prendre en charge les instructions ? Comment des décisions peuvent être prises sans des instructions au bon niveau ?

 

La recherche du consensus n’est pas une preuve de faiblesse

L’évolution du SI est une affaire de compromis. Le SI étant le moteur des processus opérationnels de l’entreprise, son évolution est conditionnée par un champ d’opportunités et de contraintes considérable. Il n’existe pas de « bonne » trajectoire dans l’absolu, et encore moins de « bonne » solution d’architecture. « Instruire », c’est déterminer – en faisant appel à l’ensemble des parties prenantes – la meilleure approche pour répondre à une problématique dans un champ de contrainte donné. Comme dans tout exercice de consensus, les principales compétences nécessaires sont le travail en équipe, la communication, et la prise de recul dans un environnement technologique de plus en plus complexe.

 

En fin de compte, la « qualité » des instructions ne fait que refléter la faculté d’une organisation (entités métier et DSI) à avancer de concert quant à l’évolution de son SI : qualification des opportunités, partage des risques, culture de l’engagement, etc. Ce niveau de maturité est la conséquence d’une compréhension fine du métier d’architecte, d’une organisation et de pratiques de management qui favorisent la transversalité entre structures, et d’outils de gouvernance qui permettent d’échanger et de statuer sur l’évolution du Système d’Information. Le bon ou le mauvais fonctionnement des instances de décision (le traditionnel « comité d’architecture ») est notamment très révélateur du niveau de maturité de l’organisation : le comité sait-il statuer sans réserve ? Mesure-t-on les écarts par rapport à une cible ? Ces écarts alimentent-ils un plan d’action plus global ? Chez weave, nous avons l’habitude de faire l’analogie entre cette instance et la cérémonie du mariage : tout le monde est d’accord avant (sauf cas particulier !), la cérémonie n’est qu’un moyen pour officialiser la décision et la consigner.

 

Julien Soyer

 

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