Intelligence collective

L’ORGANISATION INNOVANTE ET E-RUDITE, OU COMMENT DOMINER LE DARWINISME ECONOMIQUE (2/2)

14 novembre 2013

Face au darwinisme économique, concrètement, que doit faire l’organisation d’aujourd’hui pour devenir innovante et e-rudite ?

Pour devenir une organisation dans laquelle l’innovation est l’affaire de tous et tout le temps, il est capital de changer de philosophie, de revoir ses codes et ses schémas de pensée, d’ouvrir son spectre d’analyse… et surtout de remettre au centre de la stratégie le principal moteur d’innovation : l’Homme.

Tout part comme souvent du top management dont les mots, l’attitude et la passion seront le point focal. Les questions de captation de la valeur au sein de l’entreprise ainsi que de transmission des valeurs qui font son identité singulière deviennent des axes stratégiques de différentiation, relayés à tous les niveaux, verticaux (entre fonctions et métiers) comme horizontaux (entre managers et opérationnels), grâce à des mécanismes de gouvernance souple et participative pour de meilleures prises de décisions.

Une fois les fondamentaux posés, plusieurs chantiers peuvent être lancés, idéalement en parallèle, pour qu’inné et acquis se connectent.

  • Amorcer une culture d’innovation individuelle et collective, ouverte et pérenne. En d’autres termes, chaque membre de l’organisation doit se sentir investi d’une mission, concerné par les enjeux et valorisé pour ses contributions autour de l’innovation et de la génération de concepts. On notera parmi les leviers qui permettent d’insuffler cette culture les dynamiques collaboratives (séminaires et teambuilding, réseaux sociaux d’entreprise, systèmes de management des idées, BarCamps…), les modes et espaces de travail (nomadisme temporaire et découverte des métiers, espaces scénarisés ou de co-working, groupes projets transverses et en coopétition, réorganisation du temps, croisement appétences / compétences…) et les méthodes et outils pour innover au quotidien (veille collective et industrialisée, approche design thinking, boite à outils mobiles et interactifs, ludification…)
  • Favoriser, institutionnaliser et réguler les échanges, les débats et la génération de nouvelles idées. Pour cela, les cycles d’innovation doivent être pensés pour être viables en continu, avec un mode de gouvernance dédié et des incitations fortes à ce que le plus grand nombre entretienne un flux régulier d’idées. La qualification de ces dernières et le processus qui mène au lancement d’un projet doivent inclure des étapes précises au cours desquelles sont constamment challengés, si possible également par des tiers externes à l’organisation, la viabilité économique, la faisabilité technique, l’impact social et environnemental ou encore l’adéquation avec les grandes tendances socioéconomiques.
  • S’assurer que les projets, innovants ou non, répondent à une logique d’agilité, de rapidité, d’humanisation et d’apprentissage. Les processus de gestion et de mise en œuvre de projets doivent inclure les principaux acteurs dès les phases amont (clients finaux y compris via des approches de crowdsourcing) et permettre une souplesse dans les phases avales critiques (réalisation autocorrigée, bêtatests assumés…). En parallèle, l’accompagnement humain est nécessaire (évidence très souvent laissée de côté) et peut être facilité par des méthodes ludiques et engageantes. Enfin, la réussite ou l’échec d’un projet, quelles qu’en soient la phase et la raison, doit être mis au capital de l’entreprise et analysé avec un maximum d’attention (a contrario des syndromes du « on y arrivera toujours » ou du « ça ne marchera jamais »). L’objectif désormais est de pouvoir aller vite tout en ayant le droit de se tromper et le devoir de s’en rendre compte.
  • Constituer un écosystème capable de participer aux différentes phases du processus d’innovation, avec un regard différent et une capacité plus ou moins forte d’abstraction (chercheurs, think tanks, ethnologues, start-ups, entrepreneurs sociaux, artistes…). C’est ce que promeut la notion d’open innovation, revenue à la mode. L’innovation bunkerisée des années 1980 est terminée. Innover seul ne conduit plus au succès dans la durée. Par ailleurs, l’entreprise privée, et plus particulièrement européenne (pour des raisons conjoncturelles – une situation économique et sociale tendue – et structurelles – entre culture humaniste et modèles de sociétés porteurs de valeurs sociales), doit reprendre son rôle originel d’acteur central d’un écosystème socioéconomique qui ne demande qu’à progresser.

Pistes de trajectoires pour amorcer la démarche

Davantage de concret ? Voici quelques trajectoires possibles pour poser les premières pierres de cette organisation innovante et e-rudite. Avant toute chose, il est capital de déterminer les quelques axes stratégiques majeurs (internes et externes) de l’entreprise autour desquels les initiatives d’innovation vont s’articuler.

Ensuite, trois pistes, à mener conjointement ou séparément :

  1. Axe organisationnel : effectuer un diagnostic (en termes d’organisation, de gouvernance, d’activités, de pilotage ou encore de communication) de la Direction Innovation, censée tirer les démarches d’innovation, ou a minima les sponsoriser et les animer, et/ou des Directions impliquées dans les processus d’innovation. La Direction Innovation doit in fine se doter des leviers lui permettant de devenir une plateforme interne d’animation et de contrôle des différentes Directions sur les projets innovants.
  2. Axe managérial : mettre en place des communautés transverses sur les sujets stratégiques à développer et les animer/les gouverner via l’implication de managers fédérateurs (dont c’est une mission explicite et valorisée). Ces communautés doivent avoir une feuille de route claire inscrite dans un planning viable, avec des quickwins réguliers, et doivent pouvoir mesurer l’impact des initiatives proposées. Ces communautés doivent s’appuyer sur des outils collaboratifs pour amorcer une démarche de transformation digitale par la même occasion. Des événements physiques doivent enfin venir jalonner ces projets pour embarquer le maximum de collaborateurs.
  3. Axe technologique : en lien avec le point précédent, lancer un pilote d’outil de management des idées destiné à fédérer, motiver, échanger, créer, enrichir et challenger les idées soumises par les collaborateurs sur les axes stratégiques prédéfinis. L’élaboration et l’animation d’éléments de contenu pourront être une des missions d’une ou de plusieurs communautés.

Alors, qui seront les premiers à apporter de bonnes réponses aux bonnes questions ?

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir nos dernières actualités*

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé de gestion des Clients et Prospects (CRM).

Le Responsable de traitement est la société weave, 37 rue du rocher 75008 Paris RCS Paris 802 396 085.

Elles sont destinées à l’activité marketing du groupe weave ainsi quà celle de ses filiales, à l’exclusion de tout transfert hors de l’UE. Elles sont conservées pour une durée conforme aux dispositions légales (par exemple 3 ans pour les données prospects).

Ce traitement nécessite votre consentement que vous pourrez retirer à tout moment sans que cela ne remette en cause sa licéité.

Conformément à la loi « Informatique et Libertés » et au règlement européen n°2016/679, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification ou d’effacement, ainsi que d’un droit à la portabilité de vos données ou de limitation du traitement. Vous pouvez également pour des raisons tenant à votre situation particulière, vous opposer au traitement de vos données et donner des directives relatives à la conservation, à l’effacement et à la communication de vos données après votre décès. Vous disposez également du droit d’introduire une réclamation auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (www.cnil.fr).

Vous pouvez exercer vos droits en nous contactant à l’adresse vosdonnees@weave.eu.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour mesurer notre audience, vous proposer des contenus et des offres personnalisées, ainsi que des fonctionnalités de partage sur les réseaux sociaux. En savoir plus sur notre politique de cookies et notre charte des données personnelles