Croissance verte

Est-il possible de réguler le cours des matières premières ?

19 octobre 2011

On parle beaucoup de régulation du cours des matières premières agricoles, et du rôle qu’y jouent les marchés financiers.  Est-il possible de réguler ces cours mondiaux ?

Pour répondre à cette question, il faut différencier deux tendances, qui ont des causes et effets différents dans la filière.

1. La volatilité

La volatilité (ou « oscillations à court terme »), très souvent mise en avant sur ce sujet, n’est effectivement pas sans conséquences : sans visibilité, il est compliqué de définir des stratégies d’approvisionnement et de production. Pour les acteurs de la filière agro-alimentaire, qui doivent gérer un delta temps entre les achats et les ventes, la volatilité des cours engendre un risque financier important.

Des solutions existent cependant pour s’en prémunir. Les marchés financiers, accusés d’augmenter cette volatilité, sont aussi des outils puissants pour supporter des stratégies de gestion du risque. Des efforts doivent être faits pour améliorer l’accès direct ou indirect des organismes stockeurs, des industriels et des agriculteurs à ces outils, notamment dans les pays en développement. Autre exemple : à un niveau régional, la gestion de stocks tampon (qui nécessitent une infrastructure adaptée) permet de lisser les prix d’une année à l’autre.

La volatilité peut elle-même être combattue : en réglementant les marchés financiers (définition de limites de position par type d’acteur, publication des positions, transparence des marchés de gré à gré, etc.) et en améliorant la visibilité sur le marché physique (publication des stocks mondiaux par exemple). Ces axes d’étude ont été largement développés à l’occasion des rencontres du G20.

De plus, on voit que certains acteurs commercialisent des produits structurés qui s’avèrent toxiques pour le marché, générant des comportements inadaptés.

2. La hausse des cours

La hausse des cours des matières premières agricoles est en revanche plus problématique. D’abord parce qu’elle s’explique par les fondamentaux du marché et que tout indique qu’elle devrait se poursuivre dans les prochaines décennies ;ensuite parce qu’il est plus complexe de trouver des solutions efficaces  pour limiter le niveau des cours que de combattre la volatilité.

En 2 générations, nous passerons de 7 Mds à 9 Mds d’humains sur la Terre. La pression sur les ressources alimentaires sera croissante.

Dans les pays les plus pauvres, qui consomment des produits peu ou pas transformés, une hausse brutale des cours des matières premières a des conséquences immédiates sur le pouvoir d’achat des populations (Imaginons que toutes nos dépenses : logement, nourriture, transport, etc. doublent en six mois !). Dans les pays occidentaux, l’impact sur le portefeuille du consommateur est plus faible (le blé représente moins de 10% du prix d’une baguette). Ce sont les industries qui sont aujourd’hui les plus menacées, tiraillées entre des coûts d’achat imposés par les marchés mondiaux et des distributeurs peu enclins à accepter des augmentations de prix.

S’il est possible d’agir pour diminuer la volatilité et l’influence de produits toxiques sur le cours des marchés, il est en revanche utopique de légiférer sur les niveaux des cours mondiaux. La lutte contre la hausse des cours passera donc par l’augmentation de l’offre (notamment augmentation des surfaces cultivées et des rendements, amélioration des  infrastructures) et par des politiques agricoles fortes dans les pays émergents.

Voir à ce sujet la note d’Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, publiée sur le Monde.fr.

 

Florian Sarda

 

Pour aller plus loin, voir aussi d’autres articles publiés à ce sujet :

Matières premières : ne rien faire c’est spéculer

Augmentation du prix des matières premières agricoles : un scénario inévitable à moyen terme ?

Ecrit par Florian Sarda.

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