Croissance bleue

L’or bleu : des métriques, des enjeux, mais quelles opportunités pour l’avenir ?

26 septembre 2013

 

A quel point sommes-nous menacés ? Faisons parler les chiffres :

Couverte à 71% d’or bleu, notre planète pourrait potentiellement nous offrir suffisamment de ressources jusqu’à la fin des temps.

Pourtant, 97,5% de cette eau provient des océans et ne peut être exploitée du fait de son fort taux de salinité. Il reste alors 2,5% d’eau douce en majorité constituée de glaciers (69%), d’eaux souterraines (30%) et de neige (0,7%).

Premier constat : l’eau douce directement accessible en surface (fleuves, rivières, lacs) et qui couvre la quasi-totalité de nos besoins quotidiens ne représente que 0,008% des ressources de la Terre.
De plus, 60% de cette infime quantité d’eau douce n’est présente que dans 10 pays dans le monde, principalement au Brésil, en Russie et en Amérique du Nord.

Second constat : L’accès inégal à la ressource et le manque d’eau peuvent constituer un frein capital à la croissance du reste du monde ; pourtant confronté à une forte pression démographique et à un développement économique important.

 

A quels enjeux devons-nous faire face ?

L’analyse des données statistiques et la prise de conscience générale permettent de mettre en évidence 4 grandes tendances qui menacent la survie de l’or bleu.

 

L’augmentation de la demande

La croissance dans le monde, en particulier dans les pays en développement implique une nette augmentation de la demande :

–   Au cours du 20ème siècle, la demande globale en eau potable augmente deux fois plus que le taux de croissance démographique mondial qui a lui-même triplé sur cette même période

–   L’industrialisation et l’urbanisation mondiale conduisent à une demande importante d’énergies très consommatrices en eau au cours des étapes de production (ex : extraction et raffinage de pétrole, génération d’électricité, mines…)

 

Les changements climatiques

La fonte progressive des glaciers due au réchauffement climatique provoque une augmentation notable du niveau de la mer. Entre 1950 et 2009, l’augmentation moyenne était de 1,7 mm/an tandis que de nouvelles observations montrent que le niveau s’élève de 3,2 mm/an depuis 1993.

Selon une étude de l’ONU, des périodes de sécheresse plus ou moins importantes affectent actuellement 20% de la population mondiale. En 2030, le scénario actuel de changement climatique prévoit une augmentation significative des régions géographiques sujettes à de très fortes sécheresses qui pourra impacter 50% de la population.

 

La pollution

La présence de polluants (produits chimiques, bactéries, effluents industriels, métaux lourds…) en quantité variable dans les réserves et les réseaux dégrade la qualité de l’eau. Bien que des environnements réglementaires se structurent progressivement, la lutte contre la pollution de l’eau dans le monde reste un challenge difficile à relever par manque d’entente et de coordination des Etats.

Dans les pays en développement, 90% des eaux usées sont directement rejetées dans la nature par insuffisance d’infrastructures de traitement.
A contrario, la présence de 157 polluants doit être systématiquement contrôlée dans l’eau à la sortie des usines de traitement en France.

In fine, la pollution de l’eau provoque non seulement des dégâts dans tous les écosystèmes, mais elle est surtout responsable du décès de 14 000 personnes par jour dans le monde.

 

Des infrastructures vieillissantes

La mauvaise gestion des infrastructures et l’état des réseaux de distribution ont deux conséquences.

Un accès périodique à l’eau : Selon Gérard Payen, membre du conseil pour l’eau et l’assainissement du Secrétaire général des Nations Unies, parmi les 3,8 milliards d’individus ayant un accès direct à l’eau potable dans le monde, seuls 25% d’entre eux parviennent à en avoir que quelques heures par jour voire quelques jours par semaine.

Du gaspillage : En France, 1,5 milliards de m³ d’eau potable distribués par an sont perdus dans les réseaux à cause des fuites ; ce qui représente un volume d’eau total équivalent à celui du Lac d’Annecy et un rendement global moyen de 76%

En France, avec un taux de renouvellement proche de zéro (0,6%), on estime que le remplacement d’une canalisation n’est effectué qu’au bout de 170 ans.
Qui dit mieux… ?

 

Quelles opportunités pour l’avenir ? Des innovations concrètes :

 

L’analyse de la situation actuelle et des prévisions futures font émerger de nombreuses innovations afin de retarder au maximum la disparition de l’or bleu. Plus ou moins réalisables technologiquement et économiquement, ces possibilités amènent des projets concrets qui constituent des axes de croissance. Encore faut-il prendre le problème dans le bon sens…

Agir en amont de la chaîne de valeur : la production

Agir sur le premier maillon de la chaîne de valeur de l’eau, c’est trouver un moyen d’améliorer ou de changer les principes de production.
Produire de l’eau potable (ou industrielle) à partir d’eau douce est un processus très simple et peu coûteux.
C’est en effet ce que nous faisons actuellement mais, rappelons-le, nous n’en disposons qu’une infime quantité facilement accessible puisque 97,5% de l’eau sur Terre est salée.

Ayant certainement ces éléments en tête, John F. Kennedy déclare en 1962:

« Si nous pouvons un jour obtenir pour un coût réduit de l’eau douce à partir d’eau salée, ce serait dans l’intérêt à long terme de l’humanité, et éclipserait toutes les autres réussites scientifiques ».

Cinq décennies plus tard, son vœu est exhaussé puisque l’on dénombre actuellement plus de 13 000 usines de désalinisation dans le monde qui produisent 0,5% de la consommation d’eau douce mondiale à partir d’eau saumâtre et d’eau de mer. En utilisant de nouvelles techniques de filtration, certes plus coûteuses mais désormais bien plus abordable, le secteur du dessalement est en pleine expansion avec une croissance estimée à 10% par an.

Force est toutefois de constater que les procédés utilisés dans ces usines de dessalement « high-tech » rejettent des effluents et des saumures affectant la vie sous-marine et sont fortement énergivores (de 4 kWh à 15,5 kWh pour 1 m³ d’eau produit en fonction des techniques employées).

Bien que le potentiel de production à partir d’eau salée soit considérable, des progrès technologiques restent tout de même à réaliser pour arriver peut être un jour à « éclipser toutes les autres réussites scientifiques ».

 

Agir en aval de la chaîne de valeur : la « Smart  Attitude »

Perfectionner la gestion des infrastructures de l’eau, en particulier celle des réseaux de distribution et d’assainissement, constitue l’un des réels défis de demain.
Les acteurs de l’eau se mettent au diapason et adoptent la « Smart Attitude ».

Le terme « Smart » est aujourd’hui très à la mode, notamment dans le secteur de l’énergie avec l’apparition du « Smart Grid » (réseau électrique intelligent qui utilise des technologies permettant de contrôler et de gérer le transport d’électricité depuis sa génération via différentes sources à sa consommation en fonction de la demande).

A l’instar des Smart Grids et face aux enjeux que le secteur de l’eau affronte, le développement du « Smart Water » devient désormais inéluctable.

Le principe du Smart Water est d’insérer une couche intelligente au-dessus des infrastructures physiques (tuyaux, réservoirs, pompes et valves) permettant ainsi aux exploitants d’améliorer sensiblement la gestion des réseaux de distribution et d’assainissement.

Le concept est en réalité un concentré de technologies, composé d’équipements d’instrumentations, de compteurs « intelligents » et de logiciels de gestion de données et de supervision.

Ils permettent alors de :

–   Détecter plus facilement et plus rapidement les fuites et leurs emplacements
–   Suivre en temps réel la consommation
–   Améliorer le contrôle de la qualité de l’eau
–   Réduire les dépenses dédiées à la maintenance et aux investissements

 

On comprend donc pourquoi en plus des industriels de l’eau, ceux des télécommunications, du hardware et du logiciel se positionnent peu à peu sur ce segment de marché. Certains d’entre eux se mobilisent ensemble et mutualisent leurs efforts, notamment le géant Schneider Electric qui a regroupé de nombreux acteurs pour former une alliance mondiale pour le développement des réseaux d’eau intelligents baptisée SWAN (Smart Water Networks).

Le Smart Water représente une véritable aubaine pour les exploitants de réaliser d’importantes économies tout en tenant compte des enjeux auxquels l’or bleu doit faire face.
Son succès repose néanmoins sur la capacité des acteurs des technologies à se coordonner de manière à adresser les solutions intégrées les plus pertinentes. Le cabinet Lux Research estime que le marché mondial des solutions smart dans le secteur de l’eau en 2020 représentera 16,3 milliards de dollars (dont 50% en Europe).
De quoi déshydrater les investisseurs…

Il est alors peut-être encore temps de saisir l’opportunité et d’adopter ensemble la Smart Attitude.

 

L’or bleu : des métriques qui mettent en évidence des enjeux clés, mais ne soyons pas si pessimistes pour l’avenir, nos industriels sont sur le coup et ont visiblement soif de réussite.

 

Sources :
  • Agence Européenne pour l’Environnement
  • ARTE – La mer à boire
  • Association Internationale de Désalination
  • Banque Mondiale – Statistiques sur l’industrie de l’eau
  • Commission Européenne – Water Framework Directive
  • Food and Agriculture Organization (FAO) – Water Scarcity
  • The Smart Water Networks Forum – SWAN
  • UNESCO – World Water Assessment Programme
  • United Nations Water (UN-Water)
  • United States Geological Survey
  • Wikipedia – Current sea level rise

 

 

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