Croissance verte

Des protéines végétales pour éviter la faim du monde ?

20 janvier 2015

Le mix protéique agit en effet de levier sur la demande

Un des paramètres décisifs de cette augmentation de la demande alimentaire est le mix protéique en vigueur, soit le rapport entre protéines d’origine animale et protéines d’origine végétale dans le régime alimentaire. Les tendances d’évolution de ce mix sont à étudier par zone géographique au regard de la croissance économique et des dynamiques d’urbanisation (notamment pour les pays en développement).

shutterstock_12283465A titre d’exemple en France, notre régime alimentaire est déséquilibré, penchant excessivement vers les protéines animales. Cette balance tend à se rééquilibrer avec les préoccupations sanitaires actuelles, mais un français mange encore en moyenne 92,5 kg de viande par an, soit plus de 250 g par jour. Cela représente près de 3 fois l’apport journalier de protéines recommandé par les nutritionnistes. Non seulement nous mangeons trop protéiné mais nous privilégions celles d’origine animale au détriment des protéines végétales. Les protéines d’origine animale sont pourtant responsables de nos maladies dites « de civilisation » comme l’obésité ou les maladies cardiovasculaires. Ce déséquilibre est également néfaste pour l’environnement :

  • 1 kilos de bœuf produit aura nécessité 8 kilos de protéines végétales,
  • environ 5 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 000 kcal d’aliments d’origine animale, alors que 1 000 litres sont nécessaires si l’origine est végétale.

Ce déséquilibre alimentaire est représentatif des pays développés à économie de marché.

Une transition alimentaire est à anticiper pour les pays en développement

L’accroissement de la population mondiale aura lieu en majorité dans les pays en voie de développement, en premier lieu desquels les pays africains (plus de 2% par an, sans signe de ralentissement sur un continent dépassant déjà le milliard d’habitants). Les populations des pays émergents et en développement vont s’urbaniser et opérer cette transition alimentaire. Une étude menée dans 85 pays a montré que l’accroissement des revenus s’accompagne de l’accroissement de la consommation de protéines animales, au détriment des protéines végétales(2).

La consommation annuelle de protéines animales va en conséquence fortement augmenter au niveau mondial, pour passer de 41 kg par habitant actuellement à 52 kg en 2050 (de 30 à 44 kg dans les pays en développement). Or cette dynamique va peser sur la demande en céréales, au vu du ratio présenté plus haut. Si l’on combine l’utilisation croissante des produits agricoles comme biocarburants à cette hausse de la demande alimentaire, le stress généré sur l’offre risque de ne pas être tenable, notamment pour les pays les plus pauvres. Alors que la production de biocarburants représente déjà une part importante de la production mondiale de céréales, de sucre et d’huile végétale, en 2019 16 % de la production mondiale d’huile végétale servira uniquement à produire du biodiesel (contre 9 % sur 2007-2009(3)).  Enfin, les préoccupations croissantes pour avoir une alimentation plus saine vont aussi entrer dans la balance future entre les origines des protéines consommées. Il s’agit, notamment dans les pays développés où ces préoccupations vont croissantes, de produire plus et mieux.

Que va-t-il se passer si rien ne change ?

Les conséquences d’une perpétuation du modèle actuel sont multiples (4) :

  • Entre l’urbanisation croissante et la nécessité d’étendre et intensifier les cultures agricoles, des « goulots d’étranglement » vont apparaître. De plus, l’intensification des cultures agricoles peut passer par l’usage d’engrais ou de pesticides qui vont avoir un impact néfaste sur l’environnement (nappes phréatiques, équilibre biotope altéré…).
  • L’élevage est responsable d’une part importante (18% selon la FAO) des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Le continent africain fait partie des zones les plus à risque face aux dérèglements climatiques. Ils impactent d’ores et déjà fortement le continent, multipliant les problèmes de sécurité alimentaire (destruction de cultures et d’infrastructures, pertes de récolte lors d’inondations ou de sécheresses)
  • Plus de la moitié des terres à usage agricole est, directement ou indirectement, consacrée à l’élevage d’animaux tels que la volaille ou les porcs, et 35% du volume des céréales produites dans le monde sert à nourrir les animaux d’élevage. Ces quantités dédiées à l’élevage pourraient être ré-allouées à la consommation humaine si le mix protéique dominant était différent.
  • Les problématiques des ressources en eau sont déjà identifiées comme un enjeu central du monde de demain. L’accroissement de l’élevage pour répondre aux demandes en protéines animales va continuer à peser sur ces ressources, problématique qui ne va cesser de prendre de l’ampleur dans les années à venir.

A terme, la production de protéines végétales doit et va augmenter, mais les modes de consommation et de production vont définir le degré de viabilité du paysage de demain. Afin de distinguer les variables sur lesquelles il est pertinent de jouer, il est nécessaire de ne pas tomber dans l’alarmisme et de ne pas s’enfermer dans un carcan idéologique. Outre l’importance de laisser une fenêtre de rupture de ces tendances par les innovations (technologiques notamment), il faut considérer les solutions qui s’offrent à nous à première vue :

  • d’une part, augmenter les rendements et l’efficience énergétique des cultures et des élevages, tout en minimisant l’impact environnemental et en préservant la qualité des aliments.
  • d’autre part, changer les habitudes alimentaires en valorisant la consommation de protéines végétales.

Même si la croissance de la population ralentit au niveau mondial, elle restera importante en valeur absolue. La demande mondiale sera tributaire de la croissance économique, du taux d’urbanisation et de l’évolution des régimes alimentaires. L’origine des protéines que nous consommons doit donc tendre vers un équilibre durable si nous voulons relever ce défi global.

Sources : (1) «How to feed the world», FAO (2) « Durabilité de l’alimentation face à de nouveaux enjeux », INRA / CIRAD (3) OECD-FAO Agricultural outlook 2013-2022 (4) « Livestock’s long shadow », FAO

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