Croissance verte

Quelle stratégie de couverture MATIF adopter ?

10 janvier 2012

L’évolution des cours de matières premières à l’échelle d’une campagne de récolte est de moins en moins prédictible pour l’ensemble des acteurs de la chaîne agro-alimentaire. La demande mondiale ne cesse de croître et l’offre suit difficilement. Le moindre aléa climatique peut provoquer une vague de panique à l’échelle mondiale, à l’instar des grandes sécheresses de 2007 notamment en Australie. Ces brusques variations de cours attirent les spéculateurs, ce qui augmente mécaniquement leur volatilité.

Face à cette forte volatilité des cours de matières premières agricoles, la maîtrise du risque de prix représente désormais un véritable enjeu de survie pour les acteurs de ces marchés. Un organisme stockeur de céréales s’exposera par exemple à ce risque lorsqu’il achètera sa marchandise à la moisson pour ne la revendre que plusieurs mois après. Si le marché baisse significativement sur la période, c’est l’intégralité du résultat de l’exercice qui peut alors être remis en question.

A titre d’exemple, de nombreuses coopératives proposent à leurs adhérents un système de valorisation de leur récolte incluant un premier versement d’acompte puis un (ou plusieurs) complément(s) de prix suivant l’évolution du marché et les performances de la Coop. Cette logique de « prix moyen de campagne » a pour but de protéger le producteur en faisant porter le risque de marché par la Coop. Dans un marché très volatile, la fixation de l’acompte est de plus en plus périlleuse. La couverture idéale consiste à reporter le risque en aval sur les industries utilisatrices (IU) en contractualisant également à la vente en prix moyens. Cette logique de prix moyens en cascade trouve sa limite en aval de cette chaîne chez les industriels qui cherchent à se dégager de cette exposition forte sur leur prix d’achat. L’actualité illustre amplement la pression exercée par le gouvernement sur les distributeurs et industriels pour stabiliser les prix. En réponse à ce problème, le marché à terme permet un transfert de ce risque de prix vers des poids lourds de la finance.

Le suivi de sa position financière avec l’utilisation des marché à terme permet en effet de réduire significativement cette exposition. Pour connaître son niveau d’exposition au risque, il suffit de valoriser chaque engagement financier -matérialisé par un contrat de cession de marchandise- à travers une revente potentielle au prix du jour (également appelée « mise au marché » ou « mark-to-market »). Pour un contrat d’achat de 100T négocié à 185€/t et qui pourrait se revendre à 175€/t, la mise au marché fait ressortir un risque de perte latente de 100 x (175-185) = -1000€.

 

Dans l’hypothèse où nos 100t ne trouveraient pas directement acquéreur sur le marché physique, il est possible de revendre temporairement cette marchandise sur le marché à terme. Le titre d’engagement de revente à terme (vente Future) ainsi acquis, bénéficiera des variations de cours. Lorsqu’une vente physique de sa marchandise sera possible, il suffira de racheter son titre au cours du jour.


Bilan synthétique de l’opération
:

Achats Ventes
Marché physique 1-Achat de Blé en sept. année N :
100t à 185€/t
4-Vente de blé en déc. année N :
100t à 175€/t
Marché à terme 3-Rachat des futures en déc. année N :
100t à 180€/t (sur échéance Mars 2012)
2-Vente de futures en sept. année N :
100t à 200€/t (sur échéance Mars 2012)

 

Résultat sur opérations physiques : 100 x (175 – 185) = -1000€
Résultat sur opérations marché à terme : 100 x (200-180) = +2000€

Dans cet exemple, nous avons mis en place une stratégie de couverture « zéro risque ». Les 1000€ de gains sur le marché à terme pourront passer dans le résultat d’exploitation à condition de pouvoir justifier le lien de couverture entre ces différentes opérations. Il est donc essentiel de bien les réaliser de manière synchrone. Il ne s’agit pas de spéculation qui reviendrait à engager sur le marché à terme une marchandise non acquise sur le marché physique.

Cette stratégie de couverture « à 100% » ne permet toutefois pas de bénéficier d’une hausse marché. Une stratégie de couverture alternative consisterait à acheter une option de vente à terme (put). Si le marché baisse, cette option peut être exercée pour vendre sa marchandise sur le marché à terme à un cours prédéterminé (strike), moyennant un investissement de quelques dizaines d’euros. Si le marché monte, l’entreprise conserve la possibilité d’abandonner son option pour vendre à un cours de marché plus élevé que le strike.

Une troisième stratégie plus élaborée consiste à mettre en place un Put synthétique (vente de future + achat de call). L’option d’achat (ou call) permet dans ce cas de « racheter » la marchandise si besoin pour la revendre au cours du jour si celui-ci devait augmenter. Cette dernière stratégie est souvent privilégiée car elle donne l’opportunité de réaliser un double gain. En effet, rien n’interdit de se positionner à la revente sur le marché à terme en sachant que l’option garantit un prix d’achat fixé au strike jusqu’au terme de l’option. Cette manœuvre permet par ailleurs de se conserver la possibilité de laisser tomber l’option si le marché venait à rebaisser par la suite optimisant ainsi la marge réalisée sur le marché à terme.

La maîtrise de ces outils de couverture de position est donc essentielle pour l’ensemble des acteurs de la chaîne. Elle l’est d’autant plus pour les organismes stockeurs dont la valeur ajoutée ne s’appuie pas sur une activité de transformation. En transférant de manière efficace et transparente le risque de prix au marché à terme, ces organismes pilotent plus sereinement leur campagne de collecte en se concentrant sur la maîtrise des autres types de risques (qualité matière, sur-stockage, ruptures, etc.).

Pour aller plus loin : Comment utiliser les marchés à terme – 2e édition (Francis DECLERCK et Michel PORTIER)

Vincent ALLEMAND et Christophe LOPEZ

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