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La réalité du tri sélectif

23 mai 2018

Nous sommes désormais tous conscients de l’importance de trier, recycler et composter nos déchets. Les enfants apprennent dès leur plus jeune âge dans quelle poubelle doivent être jeté les pots de yaourt et les emballages de bonbons. Pourtant, les communes peinent à s’adapter à cette démarche de tri : elles ne proposent encore bien souvent qu’une unique poubelle, ce qui rend le tri sélectif des particuliers compliqué.

 

Quels sont les initiatives déjà en places ?

Alors que réduire le volume de déchets traité chaque année est un enjeu national, certains considèrent encore que trier et réduire le volume de déchet est un renoncement à un mode de vie, une perte de liberté. Comment peut-on les inciter à considérer que ce n’est pas une perte, mais la possibilité de vivre et consommer autrement ? Nous vous proposons de faire un rapide tour du monde des initiatives efficaces liées à la gestion des déchets.

Loin d’être un secteur moribond, la gestion des déchets regorge d’initiatives locales, rentables et créatrices d’emploi.

 

Les poubelles de San Francisco : recyclalbe, compst, tout-venant

 

Le premier exemple, que vous avez peut-être vu dans le film Demain, réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent, concerne la ville de San Francisco et son projet Zéro Waste lancé en 2002. Zero Waste signifiant zéro déchet, ce projet ambitieux visait à réduire au maximum le volume de déchets produit par les habitants. En 2015, la ville annonce recycler 80% de ses déchets, un seuil remarquable. Les raisons de ce succès ? Un travail conséquent sur la formation des éboueurs et le vote d’une loi relative au tri, au recyclage et au compostage des déchets.

Les habitants de San Francisco ont aujourd’hui trois poubelles différentes : la verte, pour le compost, la bleue pour le recyclage de déchets organiques et la noire pour les déchets non recyclables. Le coût de la taxe de ramassage des ordures ménagères dépend de leur volume de déchets recyclés : s’ils ont produit davantage de déchets organiques et de déchets recyclables que de déchets classiques, ils sont exonérés d’une partie de cette taxe. Afin d’éviter les fraudes et vérifier que les déchets sont correctement triés, les éboueurs contrôlent régulièrement le contenu des trois poubelles. Les équipes d’éboueurs de San Francisco – environ 1000 personnes – ont appris à considérer le contenu des poubelles comme des ressources qui une fois traitées produiront de la valeur. Les déchets organiques une fois valorisés produisent du compost, qui est ensuite revendu aux agriculteurs locaux à un prix très accessible.

Cette source de revenu ne suffit pas à rentabiliser le programme de tri, mais valorise le travail des éboueurs qui produisent une matière utile, permet la création d’emploi, soutient les agriculteurs locaux et contribue à l’image positive de la ville.

 

Exemple de poubelles dans un Mcdonald’s japonnais

 

Le deuxième exemple se déroule au Japon : là-bas, on fait la différence entre les déchets combustibles, les non combustibles, le plastique, le recyclable. Dans certaines villes, les poubelles sont ramassées 5 fois par semaine et à chaque jour correspond à un type de déchets. Si un habitant trie mal ses déchets, le sac poubelle n’est pas ramassé et un sticker rouge est apposé dessus, marqueur de l’infamie. En cas de récidive, un agent municipal peut venir chez l’habitant mauvais élève afin de l’aider à réviser ses connaissances sur le tri.

Dans les restaurants et fastfoods, il est fréquent de séparer le gobelet de son capuchon et sa paille et de les déposer dans deux bacs différents, puis de déverser le reste de son soda dans un emplacement désigné. Les entreprises sont tenues de trier avec la même rigueur que les particuliers, mais elles identifient leurs sacs poubelle afin d’être facturées au prorata du volume produit.

La ville de Kamikatsu, située au sud du Japon, est encore plus exigeante pour ses 1700 habitants : elle s’est lancée en 2003 dans une politique de zéro déchet. Afin d’atteindre l’objectif 100% de déchets recyclés en 2020, la ville a mis en place 34 poubelles de tri sélectif. Il n’y a pas de camion poubelle pour ramasser les déchets à travers la ville, aussi les habitants doivent-ils eux-mêmes nettoyer, trier et apporter leurs ordures au centre de tri. Ces derniers ont admis que qu’il fallait du temps pour s’habituer à cette pratique mais que cela était devenu une habitude.

Afin d’éviter les erreurs de tri, chacune des 34 poubelles est étiquetée avec un numéro, une image du produit à y déposer ainsi qu’une description du recyclage de cet objet. Des entreprises utilisent ces déchets comme une matière première : les vêtements, les jouets et les accessoires sont vendus afin d’être reconditionnés puis revendus ; le tissu est racheté par des femmes qui transforment dans une usine d’anciens kimonos en peluches. Pour encourager la réutilisation des objets, la ville possède également une boutique où les habitants peuvent déposer de vieux vêtements ou fournitures et les échanger gratuitement contre des objets laissés par d’autres.

 

Quelques-unes des 34 poubelles qu’on trouve à Kamikatsu

 

Et en France ?

Retour en France. Chez nous, la majorité́ de la population française a accès à un dispositif de tri sélectif de ses déchets, mais nous sommes pourtant un des mauvais élèves européens du recyclage. Notre taux de déchets recyclés tourne autour de 25%, alors que l’Allemagne ou l’Italie atteignent 50%.

En attendant que la France s’améliore, des initiatives citoyennes naissent pour gérer les déchets. Parmi ces initiatives, on compte Greenbird, une organisation japonaise à but non lucratif. L’association met en pratique le concept “Ville propre, esprit léger” né à Tokyo : ses membres se rendent régulièrement dans les lieux très fréquentés et ramassent à la mains les détritus qui défigurent ces endroits. Depuis 10 ans, cette association organise des nettoyages mensuels via sa page Facebook : elle compte désormais une équipe en France, principalement de japonais expatriés.

L’initiative est louable, cependant il est primordial d’attaquer le problème à la source : sensibiliser les habitants à ne pas jeter leurs déchets dans la rue.

 

Afin de diffuser des bonnes pratiques liées au déchets, l’association Zero Waste France a ouvert la “ Maison du zéro déchet ” à Paris. Elle y organise des formations, des journées de rencontre, des conférences, des projections débats, des ateliers ouverts au public pour acquérir de nouveaux savoirs ou redécouvrir des techniques oubliées : composter, coudre, faire ses cosmétiques ou encore réparer ses appareils électroniques.

Et lorsque les appareils électroniques que nous possédons sont trop complexes à réparer, des entreprises prennent le relais pour donner une seconde vie à nos compagnons du quotidien. C’est le cas du site Backmarket, qui s’est lancé dans le reconditionnement de téléphones, ordinateurs, micro-ondes, bouilloires et autres appareils électroniques menacés par l’obsolescence programmée.

Au cœur des efforts visant à réduire les déchets, on trouve effectivement la réparation, que ce soit pour prolonger la durée de vie d’un objet ou pour lui donner une seconde vie auprès d’une autre personne. Cependant, plusieurs obstacles se dressent entre l’intention et la réalisation : l’obsolescence programmée, l’impossibilité de démonter les appareils, la difficulté pour le grand public de trouver des pièces détachées nécessaires, l’absence de transmission du savoir-faire nécessaire aux réparations basiques, le manque d’outils, ainsi que le manque d’espaces consacrés aux réparations.

C’est la base de la culture maker, mais elle remet en question l’intérêt commercial des entreprises, qui préfèrent vendre régulièrement plutôt que de ne vendre qu’une fois un produit de très bonne qualité.

 

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