Design thinking

Santé : du futur subi au futur choisi, avec le design prospectif

25 octobre 2018

weave.air, cabinet spécialisé en innovation par le design thinking, a récemment accompagné le groupe VYV, premier acteur global de santé et de protection sociale en France, dans une démarche prospective originale. Retour sur cette expérience hors du commun avec Florent Gitiaux, associé weave.air.

Vous avez initié avec le groupe VYV une réflexion prospective sur nos environnements de vie en 2030, notamment ce que pourrait être la santé de demain. Pouvez-vous nous en dire plus sur la genèse de ce projet ?

Le groupe VYV s’est constitué en octobre dernier avec le rapprochement de 2 entités : Harmonie Mutuelle et la MGEN. Il existait déjà des politiques d’innovation dans ces deux groupes. Et à l’occasion de la création de VYV, il a été décidé de constituer une nouvelle direction de l’innovation regroupant les équipes.

Dès sa création, ce nouveau groupe a tout de suite eu l’ambition de créer une nouvelle valeur, en explorant notamment des sujets qui n’avaient pas encore été travaillés opérationnellement par les 2 entités initiales.

Très vite, les discussions se sont concentrées autour d’une question : comment préparer l’avenir de VYV, avec une démarche prospective qui permette d’explorer les futurs possibles et d’en tirer des conséquences ?

La nouvelle direction de l’innovation s’est d’ailleurs rapidement nommée direction de la prospective et de l’innovation.

On connaît le design thinking, qui permet de partir des besoins d’un utilisateur pour créer de nouvelles solutions. Vous avez de votre côté travaillé avec le groupe VYV en utilisant le design prospectif. Qu’entendez-vous exactement par ces termes ?

La logique est vraiment de se dire : comment arrive-t-on à hybrider des approches de prospective stratégique avec des approches issues du design.

La prospective stratégique est apparue après-guerre et il y a d’ailleurs dans cette discipline un véritable continuum méthodologique français (Gaston Berger, Michel Godet, Philippe Durance aujourd’hui). La discipline s’est ensuite popularisée dans le monde anglo-saxon à l’occasion du choc pétrolier et y a été développée via le « future thinking ».

Ces approches de prospectives ont beaucoup prospéré dans les 70-80’s, notamment dans les pays qui faisaient appel à une planification.

Elles ont aujourd’hui moins le vent en poupe, bien qu’elles présentent de nombreux avantages. Notamment le fait qu’elles soient très structurées. Elles permettent ainsi de multiplier les analyses de variables pour comprendre comment un écosystème fonctionne. Il est ensuite possible de poser différents scénarios, fondés sur l’évolution de ces variables.

Du côté du design au sens large, il a très tôt inclus une pratique de production des objets et également commencé à imaginer des artefacts à l’intersection du design et de la science-fiction.
Avec le design, on passe du prospectif au projectif. On utilise la vision du designer avec une approche semi-artistique, pour imaginer comment demain pourrait se passer. En modélisant ce futur, on peut ensuite faire réagir les parties-prenantes. Le grand avantage de cette approche est de créer un espace de débat.

Fresh air - Florent Gitiaux
Florent Gitiaux, associé weave air, lors de présentation publique de la démarche de design prospectif initiée avec le groupe VYV

Mais les 2 approches ont leurs points de faiblesse lorsqu’elles sont prises séparément.

Dans le cas des approches stratégiques, c’est d’abord la longueur du processus qui pose problème (très vite 18 mois). Or cela ne correspond plus à la temporalité des entreprises aujourd’hui. Ensuite, ce sont des approches d’expertises, fondées sur un travail important autour des variables, à tel point qu’on peut s’y perdre.

Quant au design artistique, il produit des artefacts qui permettent de faire réagir le grand public facilement. Pour autant, ces réalisations ne parlent pas forcément aux décideurs d’entreprise qui ont une approche très rationnelle.

Avec le design prospectif, et l’hybridation de ces deux champs, on obtient une approche qui combine structure et rationalité avec la sensibilité et l’émotion que l’art peut transmettre.

On va ainsi pouvoir poser et concrétiser les résultats de la prospective de manière immersive. L’objectif est ensuite d’en tirer des conclusions pour la stratégie de l’entreprise et de pouvoir passer d’un futur subi à un futur choisi.

Pour cette partie immersive, vous avez fait appel à la réalité virtuelle pour rendre réel un des scénarios. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette expérience originale ?

Comme je le disais, l’objet de notre travail avec VYV sur ces scénarios prospectifs était vraiment de contribuer à la réflexion stratégique. Ils ne sont qu’un moyen pour structurer une stratégie ou une stratégie d’innovation.

Et chemin faisant, VYV a décidé de continuer cette démarche participative. La prospective est donc devenue pérenne dans l’organisation pour parler du futur, voir les conséquences que l’évolution de certains facteurs peut avoir. Cela a également permis d’ouvrir cette réflexion à des partenaires dans une logique d’influence.

Donc en parallèle de sa feuille de route R&D, le groupe VYV a réfléchi aux actions permettant de continuer cette démarche prospective.

Et nous avons décidé ensemble de mettre en place deux actions :
– Une tournée des sites VYV, avec une présentation de la démarche et des ateliers sur les questions soulevées,
– Un travail sur l’immersion dans un des scénarios, dans une démarche de recherche, pour voir si la VR (réalité virtuelle) faisait naître des réactions différentes.

Et ce qui très amusant d’un point de vue design avec la réalité virtuelle, c’est qu’il faut aller beaucoup plus loin qu’avec un simple storyboard. On doit modéliser l’ensemble des détails de l’environnement ! Et donc cela pose la question de l’évolution d’un certain nombre d’objets ou de comportements dans le futur, qui à leur tour peuvent permettre d’embarquer d’autres acteurs dans la réflexion.

design prospectif weave air

On constitue alors assez naturellement un petit écosystème qui peut œuvrer à la réalisation d’un futur souhaité. Cela permet notamment de sortir du discours dominant des GAFA sur le futur, pour en imaginer un autre et lui permettre d’advenir. Florent Gitiaux, associé weave.air

Pour en savoir plus, rendez-vous sur weaveair.eu

Propos recueillis par Thibault Hache.

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir nos dernières actualités*

Les informations recueillies sur ce formulaire sont enregistrées dans un fichier informatisé de gestion des Clients et Prospects (CRM).

Le Responsable de traitement est la société weave, 37 rue du rocher 75008 Paris RCS Paris 802 396 085.

Elles sont destinées à l’activité marketing du groupe weave ainsi quà celle de ses filiales, à l’exclusion de tout transfert hors de l’UE. Elles sont conservées pour une durée conforme aux dispositions légales (par exemple 3 ans pour les données prospects).

Ce traitement nécessite votre consentement que vous pourrez retirer à tout moment sans que cela ne remette en cause sa licéité.

Conformément à la loi « Informatique et Libertés » et au règlement européen n°2016/679, vous bénéficiez d’un droit d’accès, de rectification ou d’effacement, ainsi que d’un droit à la portabilité de vos données ou de limitation du traitement. Vous pouvez également pour des raisons tenant à votre situation particulière, vous opposer au traitement de vos données et donner des directives relatives à la conservation, à l’effacement et à la communication de vos données après votre décès. Vous disposez également du droit d’introduire une réclamation auprès de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (www.cnil.fr).

Vous pouvez exercer vos droits en nous contactant à l’adresse vosdonnees@weave.eu.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour mesurer notre audience, vous proposer des contenus et des offres personnalisées, ainsi que des fonctionnalités de partage sur les réseaux sociaux. En savoir plus sur notre politique de cookies et notre charte des données personnelles