Croissance verte

Matières premières agricoles : NE RIEN FAIRE, C’EST SPECULER…

11 juillet 2011

Des organismes collecteurs et stockeurs de matières premières agricoles font encore le choix de ne pas intervenir sur le marché à terme, jugé comme un haut lieu de la spéculation à outrance, symbole d’une mondialisation déraisonnée, où les gains mirobolants des uns contrebalancent les faillites sans fond des autres. Ils se trompent.

Il est indéniable qu’aujourd’hui certains acteurs, notamment des hedge funds, interviennent sur le  marché à terme des matières premières agricoles dans une pure logique spéculative. Leur but, pour gagner de l’argent, est de créer une volatilité, une instabilité très forte des cours (à la hausse et à la baisse). Le prix du blé, par exemple, est alors, sur une période qui peut être conséquente, décorrellé des fondamentaux, c’est-à-dire des éléments de fonds qui fixent le prix, notamment le rendement et la qualité. Le problème réside davantage dans la volatilité que dans la hausse ou la baisse du prix.

Cela étant, le marché à terme reste le seul lieu de couverture efficace pour les acteurs de la collecte agricole. Il permet de sécuriser le risque « prix ».

Ne pas utiliser le MATIF (Marché à Terme International de France) revient à s’exposer aux fluctuations des cours … donc d’avoir une opinion de marché … donc de spéculer.

Imaginons qu’un organisme stockeur (OS) ait effectué un achat physique de 10 000 tonnes de blé le 26 mai 2011, campagne 2010, à 243 euros la tonne, le cours du blé FOB (Free on Board) Rouen ce jour-là.

La problématique de l’OS consiste dorénavant à vendre son stock à un prix le plus élevé possible, à un industriel par exemple. Ce prix restera néanmoins très proche du cours du blé sur le MATIF (aux corrections logistiques près).

Sans couverture aucune, de la date d’achat jusqu’à aujourd’hui, l’OS n’a pas pu générer un seul centime de bénéfice, son seul salut étant d’attendre que le cours remonte et dépasse les 243 euros la tonne, sans même prendre en compte les coûts de stockage engendrés entre temps ni l’altération de la qualité de la marchandise… Bref, le risque est avéré, l’incertitude est forte.

Cet organisme stockeur agit finalement comme un spéculateur malgré lui, qui parierait sur une tendance haussière des cours… pari risqué s’il en est !

Que répondre alors à une direction générale qui s’enquière (et s’inquiète) de l’état des finances de l’entreprise le 6 juillet 2011 (soit moins de 2 mois après !), lorsque le cours du blé est à 197 euros ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la marchandise achetée près de 2.430.000 euros n’en vaut plus ce jour-là que 1.970.000 euros (hors coût de stockage), soit une dépréciation de près de 20 %. Et nous ne parlons que de 10 000 tonnes, soit le fruit de la moisson de moins de 1 500 ha…

Paraphrasant LAVOISIER, Christian de BOISSIEU, l’économiste français, affirme à juste titre qu’ « aucun risque ne se perd, aucun risque ne se crée, tout le risque se transmet ». En l’occurrence, notre organisme stockeur a porté seul l’intégralité du risque, sans le transmettre à personne.

 

Coopératives ou entreprises privées, tout le monde est concerné !

La stratégie de couverture n’a rien à voir avec le statut de l’organisme (coopératif ou privé par exemple). Les coopératives se doivent de défendre au mieux les intérêts de leurs adhérents en les protégeant des fortes variations des cours, au même titre que l’entreprise privée se doit de préserver sa marge afin de conserver la confiance de ses clients et de ses actionnaires.

Une stratégie de couverture efficace est pourtant facile à mettre en œuvre. Appliquée avec discipline, elle permet de préserver les marges malgré les fluctuations des cours, sans avoir à faire de pari sur l’évolution des marchés.

Du point de vue des organismes stockeurs, peu importe à court terme l’issue du débat sur la tentative d’encadrement des marchés agricoles. Ils doivent se couvrir pour préserver leurs marges. Et aujourd’hui, le seul dispositif efficace pour se couvrir reste l’intervention sur les marchés à terme.

« Tant qu’on n’a pas vendu, on n’a pas perdu », dit l’adage. Ce n’est vrai que pour les actions, qui finissent rarement dévorées par les charançons ou transformées en fourrage…

Pour poursuivre sur le le rôle de la spéculation dans la flambée des matières premières agricoles

Sylvain Brossard et Christophe Lopez

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