agriculture urbaine
Croissance verte

Urbanfood : quand l’agriculture se réinvente en ville

19 octobre 2017

54% de la population mondiale vit aujourd’hui en ville selon La Banque Mondiale. Face à ce chiffre, l’enjeu du développement de l’agriculture en milieu urbain n’est pas si anodin ! En effet, l’agriculture urbaine est déjà pratiquée par plusieurs centaines de millions de citadins à travers le monde, qui transforment les villes en espaces verts.

L’une des premières fonctions attendues par l’agriculture urbaine est bien sûr celle de production alimentaire. Aujourd’hui, selon la FAO, l’agriculture urbaine représenterait 15 à 20% des productions agricoles au niveau mondial et 5% de la surface dédiée à l’agriculture (environ 67 millions d’hectares).

L’agriculture urbaine revêt actuellement deux formes différentes :

  • L’agriculture urbaine amateure/collective, souvent à but non lucratif : sur les toits des immeubles, les jardins en terrasses et les espaces urbains non valorisés ;
  • l’agriculture urbaine professionnelle : les productions dans des bâtiments dédiés, pilotées par des technologies contrôlant les paramètres de production (luminosité, apports en eau, en nutriments …) et alliant des compétences en conception de bâtiments intelligents, agronomie et automatisation.

 

La réappropriation des espaces urbains : vers l’autosuffisance alimentaire ?

Véritables symbioses multi-acteurs, entre des particuliers, des écoles, des associations ou des entreprises, les projets d’agriculture urbaine se multiplient avec des objectifs variés : autosuffisance, réappropriation citoyenne de la ville, éducation, sécurité alimentaire, etc.

Ces initiatives sont de plus en plus encouragées par de grands mouvements urbains : les 48h de l’agriculture urbaine (La Sauge) ou l’appel à projet “Paris-culteurs” de la Mairie de Paris mettant 47 sites à disposition pour verdir et faire pousser plantes et légumes au cœur de la capitale.

L’agriculture urbaine est également portée par les entreprises et les grandes enseignes : c’est le cas de Carrefour qui a créé un potager de 1 200 m2 sur la toiture du parking couvert de son site à Villiers-en-Bière (77). Des productions agricoles qui seront commercialisées dans l’hypermarché dès qu’elles arriveront à maturité.

Le potagersur le parking de l'enseigne Carrefour

Le potagersur le parking de l’enseigne Carrefour

Le grand magasin parisien BHV a investi près de 300.000 euros dans l’installation d’un jardin vertical. Des infusions, des fruits, ainsi qu’une bière produite à partir du houblon qui y pousse, seront commercialisés.

L’Internet des objets comme vecteur de l’agriculture High Tech

Les nouvelles technologies viennent souvent en aide à ces projets. Les serres urbaines deviennent des lieux privilégiés d’expérimentation des techniques d’hydroponie (culture sur un substrat neutre, irrigué par des solutions nutritives) ou d’agriculture numérique. Les énergies renouvelables assurent une partie de l’autonomie des micro-fermes rurales.

Au Japon et à Singapour, des « tours technologiques » de légumes ont été construites (ex : la ferme urbaine Shigeharu Shimamura ou la ferme Comcrop). Aux USA et au Canada, ce sont les grandes serres sur des toits plats qui ont le vent en poupe.

En 2015, un immense hangar du quartier Ironbound à Newark (New Jersey) a été créé, où se succèdent des étagères de salades, roquettes et choux. Il s’agit de la plus grande ferme aéroponique du monde (culture hors sol de plantes dont les racines, suspendues dans le vide, sont pulvérisées de solution nutritive), crée par AeroFarms.

L’Urbanfood attire également les investisseurs. En effet, le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, vient d’investir 200 millions de dollars dans Plenty. Spécialiste de l’agriculture verticale, notamment de salades, la start-up aurait un rendement 350 fois supérieur à une exploitation traditionnelle.

En France, on voit se développer des projets ultra-techniques tel que le potager de l’hôtel Pullmann de la Tour Eiffel dans lequel poussent micro-pousses et herbes aromatiques à la verticale, ou la start-up Agricool, qui cultive des fraises en conteneurs (les « cooltainers »), sous lumière artificielle et en circuit fermé.

Le “Cooltainer” à fraises d’Agricool

La ferme-pilote, la Petite Ferme du Grand Lyon, se donne pour objectif de développer une polyculture « intégrée circulaire » hors-sol et à petite échelle, fonctionnant par hydroponie, notamment via la technologie ZipGrow développée par Refarmers et importée des Etats-Unis.

Un modèle économique à repenser et un nouveau métier qui émerge !

Les Journées nationales de l’agriculture urbaine 2017 à Lyon ont permis le 15 et 16 juin derniers de s’interroger sur les questions suivantes :

  • Quels modèles économiques possibles pour les entreprises en agriculture urbaine ?
  • Peut-on vivre uniquement de la vente de la production ?
  • Comment créer des complémentarités avec l’agriculture traditionnelle ?
  • Monter un projet en agriculture urbaine : une démarche territoriale multipartenaires ?

Sur cette tendance, In Vivo, premier groupe coopératif agricole français a annoncé le 19 juillet 2017 la création d’une nouvelle entité : InVivo Food & Tech. L’objectif, imaginer les fermes du futur (Urbanfood) et créer un business model afin de créer une nouvelle marque pour le réseau.

Enfin, qui dit nouvelles productions, dit nouveau métier : l’agriculteur urbain. Un métier neuf qui consiste à gérer et exploiter un terrain agricole en zone urbaine ou péri-urbaine. Les agriculteurs urbains viennent de formations variées : urbanistes, ingénieurs agronomes ou paysagistes, architectes…

 

Poulaillers participatifs, potagers sur roues, mur-rideau de micro algues… les idées en agriculture urbaine ne manquent pas. Des projets de plus en plus ambitieux en termes de fermes verticales voient le jour (la ferme géante de Shanghai sera aussi verticale que les gratte-ciel). Ce projet prévoit de cultiver 100 hectares (un kilomètre carré de culture hors-sol).

L’agriculture urbaine n’en est encore qu’à ses débuts… un sujet passionnant à suivre de près !

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Pour aller plus loin sur…

…les start-ups en agriculture urbaine ==> ici

…l’hydroponie ==> ici

…l’aéroponie ==> ici

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